Manche : un drone Protector britannique a surveillé des navires russes, une première pour la RAF

La Royal Air Force a engagé pour la première fois son drone Protector RG1 dans une mission opérationnelle de surveillance maritime au-dessus de la Manche. Révélée le 31 octobre, cette opération menée avec la Royal Navy illustre l’évolution du suivi des bâtiments russes dans les approches maritimes de l’Europe.

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Manche : un drone Protector britannique a surveillé des navires russes, une première pour la RAF © Armees.com

La Royal Air Force a engagé pour la première fois un drone Protector RG1 dans une mission opérationnelle de surveillance de navires russes au-dessus de la Manche. Le ministère britannique de la Défense a rendu cette utilisation publique le 31 octobre 2026. L’appareil, non armé pendant cette mission, a fourni plus de dix heures de renseignement, de surveillance et de reconnaissance en appui aux bâtiments de la Royal Navy.

Les opérations concernées se sont déroulées entre la fin septembre et la mi-octobre. Selon les informations communiquées par la Défense britannique et détaillées par Defence Blog, le destroyer HMS Dauntless et le patrouilleur HMS Tyne ont notamment suivi la frégate russe Neustrashimy et des navires marchands l’accompagnant entre le 1er et le 14 octobre. La mission du Protector a été présentée comme ses premières sorties opérationnelles dans l’espace aérien britannique.

Un drone de longue endurance en renfort des navires de guerre

Le Protector RG1 est un aéronef télépiloté dérivé du MQ-9B SkyGuardian. Son intérêt pour la surveillance maritime réside dans sa capacité à observer durablement une zone tout en transmettant des informations aux unités engagées. Le ministère britannique de la Défense lui attribue une autonomie supérieure à trente heures et un plafond opérationnel pouvant atteindre 40 000 pieds, soit environ 12 200 mètres.

Ces performances sont des caractéristiques de l’appareil, et non la durée du vol effectué dans la Manche. Pour l’opération annoncée, Londres fait état de plus de dix heures de couverture de surveillance au total, sans préciser publiquement le nombre de sorties, les capteurs employés ni la proportion exacte du trajet russe observée par le drone.

Le commandant de la XIIIe escadrille, Sam Haley, a souligné la capacité du Protector à opérer dans un espace aérien partagé avec des appareils civils et militaires. Cette intégration permet d’ajouter une surveillance aérienne prolongée au suivi assuré par les radars, les hélicoptères et les bâtiments de surface. Le service ukrainien de Radio Free Europe/Radio Liberty a également rapporté l’annonce britannique du 31 octobre et les principales caractéristiques de la mission.

La surveillance des bâtiments russes s’étend à plusieurs zones maritimes

Les opérations britanniques de cette période ne se limitaient pas à la frégate Neustrashimy. Des hélicoptères Merlin ont suivi le navire russe de renseignement Viktor Leonov près des Hébrides extérieures, tandis que le HMS Tyne et un hélicoptère Wildcat ont surveillé le bâtiment de débarquement Aleksandr Shabalin et des navires qui l’accompagnaient lors de leur passage dans la Manche.

La Royal Navy avait déjà signalé une augmentation de 25 % de ses activités de surveillance des mouvements russes sur les sept premiers mois de 2026, par rapport à la même période de 2025. Ce chiffre, publié en août par le ministère britannique, mesure l’activité des forces britanniques mobilisées pour le suivi, et non une hausse équivalente du nombre de navires russes.

Pourquoi cette évolution concerne aussi la France

La Manche constitue une voie de transit commune aux approches maritimes britanniques et françaises. Le suivi des bâtiments militaires russes y implique régulièrement des transmissions d’informations entre alliés. En août, la Royal Navy avait ainsi décrit le passage de relais à un allié de l’OTAN au large d’Ouessant, à l’issue d’une opération de surveillance de navires russes.

Pour les forces françaises, le développement de moyens aériens de longue endurance chez un partenaire de l’OTAN s’inscrit dans les enjeux de connaissance de la situation maritime, de coordination opérationnelle et de protection des approches européennes. L’opération britannique ne s’accompagne d’aucune annonce de déploiement du Protector par la France. Elle montre en revanche comment Londres associe désormais un drone de grande endurance à ses moyens navals traditionnels pour suivre les mouvements russes dans une zone directement voisine des côtes françaises.

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