AWACS français : un nouveau simulateur à Lannion pour former les équipages jusqu’au retrait des E-3F

AFI KLM E&M et Exail ont annoncé le 29 octobre la livraison à la DGA d’un simulateur de vol complet pour les avions radar E-3F AWACS. Installé dans la chaîne de formation des équipages français, il doit soutenir la disponibilité d’une flotte appelée à être remplacée d’ici 2035.

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AWACS français : un nouveau simulateur à Lannion pour former les équipages jusqu’au retrait des E-3F © Armees.com

La formation des équipages des avions radar français E-3F AWACS dispose désormais d’un nouvel outil de simulation conçu en France. Le 29 octobre 2026, AFI KLM Engineering & Maintenance et Exail ont annoncé la livraison officielle à la Direction générale de l’armement (DGA) d’un simulateur de vol complet, développé et assemblé à Lannion, dans les Côtes-d’Armor. Les industriels indiquent qu’il est opérationnel au profit de l’armée de l’Air et de l’Espace.

Le dispositif concerne les équipages de la 36e escadre de commandement et de conduite aéroportés, qui exploite les E-3F depuis la base d’Avord. Il vise la qualification initiale des pilotes, navigateurs et mécaniciens navigants, mais aussi leur entraînement régulier. Il ne s’agit pas d’un nouveau radar embarqué ni d’une modernisation directe des avions : l’investissement porte sur la préparation des personnes qui les font voler.

Un cockpit reproduit et des pannes impossibles à simuler en vol réel

Le simulateur reproduit la dynamique de vol et les principaux systèmes de l’E-3F. Il est équipé d’une plateforme de mouvement à six axes et d’un affichage visuel haute résolution. Ces caractéristiques permettent de répéter les procédures de pilotage et de confronter les équipages à des situations exigeantes sans exposer un appareil opérationnel.

Dans le compte rendu publié le 29 octobre par AeroMorning, qui reprend les précisions des partenaires industriels, un responsable de l’armée de l’Air et de l’Espace évoque notamment l’entraînement à la panne de deux moteurs sur quatre, à une défaillance électrique totale ou à une récupération après une oscillation dangereuse de l’avion. Ces scénarios illustrent l’intérêt d’un entraînement réaliste sans risque aérien.

Les industriels indiquent que le dispositif accompagne une formation initiale intensive de six semaines et les séances de maintien des compétences. Il doit également permettre de réserver davantage d’heures de vol réelles aux missions et aux entraînements qui nécessitent effectivement un avion. Aucune économie chiffrée de carburant, de maintenance ou d’heures de vol n’est toutefois fournie dans l’annonce.

Une capacité française à préserver pendant la transition vers GlobalEye

Le nouvel équipement arrive alors que la France prépare le remplacement de ses avions radar. Dans une annonce officielle du 6 janvier 2026, la DGA a confirmé la commande de deux avions de surveillance et de commandement aéroporté GlobalEye auprès du constructeur suédois Saab. Ces appareils doivent progressivement succéder aux quatre Boeing E-3F, dont le retrait est prévu d’ici 2035.

Cette transition ne supprime pas le besoin de maintenir les équipages actuels à un haut niveau de préparation. Les E-3F assurent des missions de détection, de suivi et de coordination aérienne. Le ministère des Armées a notamment documenté leur participation aux missions de réassurance de l’OTAN sur le flanc oriental de l’Alliance. La continuité de cette capacité dépend à la fois de la maintenance des appareils et de la disponibilité d’équipages qualifiés.

Le simulateur de Lannion répond à cette seconde exigence. Il permet de préparer des situations critiques qui ne peuvent pas être reproduites en toute sécurité à bord, tout en réduisant la dépendance à des créneaux d’entraînement sur les avions. La DGA le présente, dans les propos relayés par les industriels, comme un outil contribuant au maintien de la flotte jusqu’à son retrait.

Un programme industriel conduit entre la DGA, AFI KLM E&M et Exail

AFI KLM E&M assure la maîtrise d’œuvre du soutien global de la flotte française d’E-3F. Exail a conçu et assemblé le simulateur sur son site breton. La communication des industriels précise qu’un premier équipement tridimensionnel de nouvelle génération a été livré en septembre 2026, avant l’annonce officielle du 29 octobre.

Cette coopération illustre la place des compétences françaises dans le soutien d’une capacité aérienne stratégique, même lorsque les avions eux-mêmes sont d’origine américaine. Les partenaires ne communiquent pas le montant du simulateur, le coût de son exploitation ni un objectif chiffré de disponibilité des équipages. Sa contribution devra donc s’apprécier à l’usage, à travers la formation et le maintien des qualifications, pendant que la flotte E-3F se rapproche de sa relève.

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