Pour la première fois, Typhoon et Rafale côte à côte : la France et le Royaume-Uni simulent ensemble une frappe nucléaire, et le signal envoyé ne vise pas que la Russie

Rafale et Typhoon volent enfin ensemble pour simuler une frappe nucléaire. Une première historique qui scelle l’alliance atomique franco-britannique face aux menaces qui pèsent sur l’Europe. Un tournant stratégique à suivre de près.

Publié le
Lecture : 2 min
Pour la première fois, Typhoon et Rafale côte à côte : la France et le Royaume-Uni simulent ensemble une frappe nucléaire, et le signal envoyé ne vise pas que la Russie
Pour la première fois, Typhoon et Rafale côte à côte : la France et le Royaume-Uni simulent ensemble une frappe nucléaire, et le signal envoyé ne vise pas que la Russie © Armees.com

Des chasseurs Typhoon de la Royal Air Force ont escorté, pour la première fois, des Rafale de l’Armée de l’air française au cours d’un même exercice nucléaire. Baptisé Rummy, il a été organisé par les Forces aériennes stratégiques (FAS), la composante nucléaire aéroportée française. L’opération marque une nouvelle étape dans le rapprochement stratégique entre les deux puissances nucléaires européennes.

Les Rafale ont décollé de la base aérienne de Saint-Dizier (nord-est de la France), escortés par les Typhoon britanniques, pour simuler une frappe nucléaire. Selon un communiqué du ministère des Armées, les procédures de sécurité et de sûreté ont été rigoureusement respectées. Aucune arme nucléaire n’a été utilisée.

La ministre des Armées et des Anciens combattants, Catherine Vautrin, a salué l’opération sur X : « pour la première fois, les Typhoon de la Royal Air Force ont rejoint les Rafale de l’Armée de l’Air pour participer à un exercice organisé par les Forces aériennes stratégiques de la composante nucléaire aéroportée ».

Elle y voit un « jalon décisif de la coopération de défense », qui démontre selon elle « la coordination et l’engagement des deux puissances nucléaires européennes en faveur de la sécurité de l’Europe et d’une dissuasion crédible ».

Un accord signé en juillet 2025

L’exercice s’appuie sur l’accord de Northwood, signé par la France et le Royaume-Uni le 10 juillet 2025. Ce texte constitue le socle opérationnel de la coopération nucléaire entre les deux pays. Il prévoit une coordination stratégique et doctrinale entre les deux seules puissances atomiques du continent, face à des menaces nouvelles, tout en maintenant l’indépendance et la souveraineté totale du commandement de chaque nation.

Ce rapprochement intervient alors que l’environnement sécuritaire se dégrade en Europe, entre la menace russe et des incertitudes croissantes sur la fiabilité du parapluie nucléaire américain. Il vise à consolider la dissuasion européenne sans remettre en cause la souveraineté nationale de chacune des deux puissances.

Cette logique dépasse le seul cadre franco-britannique. Le président Emmanuel Macron a présenté, le 2 mars 2026 depuis la base sous-marine de l’Île Longue (près de Brest), une dissuasion nucléaire avancée destinée à élargir la coopération avec les partenaires européens. La décision ultime de recourir à l’arme nucléaire reste exclusivement entre les mains du président de la République française.

Une dizaine de pays européens ont rejoint cette initiative ou manifesté leur intérêt : la Pologne, les Pays-Bas, la Belgique, la Grèce, la Suède, le Danemark, la Norvège et la Finlande.

Laisser un commentaire

Share to...