Ukraine : Zelensky réclame le déblocage de missiles Patriot déjà approuvés par des pays européens

Après une nouvelle nuit de frappes russes, Volodymyr Zelensky a demandé le 25 octobre de débloquer des livraisons de missiles intercepteurs Patriot qu’il présente comme déjà approuvées par des partenaires européens. Cette demande met en lumière la dépendance de la défense aérienne ukrainienne aux autorisations américaines, à l’approche de l’hiver.

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Ukraine : Zelensky réclame le déblocage de missiles Patriot déjà approuvés par des pays européens © Armees.com

Volodymyr Zelensky a appelé, dimanche 25 octobre 2026, à débloquer des livraisons de missiles destinés aux batteries antiaériennes Patriot ukrainiennes. Selon le président ukrainien, des transferts ont déjà été approuvés par des pays européens, mais les intercepteurs ne sont pas encore parvenus à Kyiv. Sa déclaration intervient après une nouvelle série d’attaques russes contre plusieurs régions et infrastructures énergétiques du pays.

Dans son message relayé le 25 octobre par ArmiaInform, média du ministère ukrainien de la Défense, Zelensky demande également la poursuite du soutien à l’aviation ukrainienne pour contrer les drones d’attaque russes à réaction. Il insiste sur l’importance de maintenir les livraisons militaires pendant les négociations diplomatiques.

Pourquoi des missiles européens peuvent attendre une autorisation américaine

Le Patriot est un système de défense aérienne américain, utilisé notamment contre les missiles balistiques. Plusieurs pays européens possèdent des batteries et des intercepteurs susceptibles d’être transférés à l’Ukraine. Mais la réexportation de certains armements américains nécessite l’accord de Washington, même lorsque les équipements appartiennent déjà à un État allié.

Une enquête du Washington Post publiée le 19 octobre, fondée sur des témoignages de responsables informés du dossier, indiquait que certaines demandes de transfert n’avaient pas reçu l’approbation du secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth. Le journal précisait qu’il ne s’agissait pas de refus formels. Les autorités américaines n’ont pas confirmé publiquement que toutes les livraisons évoquées par Zelensky étaient bloquées pour cette seule raison.

Le problème dépasse donc le financement des missiles : un pays européen peut accepter de céder des munitions à Kyiv sans pouvoir les expédier immédiatement. Pour les armées européennes, cette situation illustre une contrainte concrète liée à l’utilisation et à la circulation des matériels de fabrication américaine.

Les frappes du 24 au 25 octobre accentuent l’urgence

Selon les données de l’armée de l’air ukrainienne rapportées par ABC News le 25 octobre, la Russie a lancé 153 drones lors de la dernière vague d’attaques ; 119 auraient été abattus ou neutralisés. Ces chiffres sont ceux communiqués par les autorités ukrainiennes.

Zelensky a fait état de quatre morts et de 22 blessés dans la région de Dnipropetrovsk après des frappes survenues samedi soir. Il a également signalé des dégâts touchant des centrales thermiques, des sous-stations électriques, des mines de charbon et des installations logistiques, répartis dans neuf régions. Les attaques contre le réseau énergétique renforcent les enjeux de protection des villes à l’approche des mois les plus froids.

Le président ukrainien affirme que, sur la semaine écoulée, la Russie a utilisé environ 1 600 bombes aériennes guidées, 48 missiles de différents types et près de 2 300 drones d’attaque. Ce bilan hebdomadaire est une estimation annoncée par Kyiv, distincte du décompte de la seule nuit du 24 au 25 octobre.

Patriot et F-16 : deux besoins différents pour la défense du ciel

La demande ukrainienne porte sur deux volets complémentaires. Les intercepteurs Patriot sont particulièrement recherchés pour la défense contre les missiles balistiques, tandis que les avions de combat contribuent à intercepter certaines menaces aériennes, dont les drones rapides.

Le 21 octobre, le ministère ukrainien de la Défense annonçait avoir discuté avec des représentants de Lockheed Martin de l’augmentation des livraisons de missiles PAC-3 et de l’entretien des F-16. Les responsables ukrainiens ont notamment évoqué la possibilité d’élargir les capacités de maintenance de ces appareils.

Pour les partenaires européens de Kyiv, l’enjeu immédiat est double : accélérer l’arrivée de munitions déjà promises et maintenir des moyens capables de répondre à des attaques de nature différente. La décision sur les autorisations de transfert est désormais aussi déterminante que la disponibilité des missiles dans les stocks alliés.

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