Le 23 octobre 2025, la Fédération Française de Tir a confirmé avoir subi un piratage informatique d’envergure. L’attaque, détectée entre le 18 et le 20 octobre 2025, a compromis la base de données de gestion des licences, baptisée ITAC. Ce système recense l’ensemble des membres d’une fédération de plus de 274 000 pratiquants.
Une cyberattaque ciblant le cœur administratif du tir sportif
Selon le communiqué officiel de la FFTir, publié le 23 octobre 2025, l’incident « a concerné la plateforme ITAC, entre le 18 et le 20 octobre 2025 ». L’organisation a immédiatement « déconnecté les serveurs ITAC et EDEN, alerté l’ANSSI et la CNIL », avant de déposer plainte.
Cette réaction rapide n’a cependant pas suffi à rassurer les licenciés. Selon TF1 Info, le piratage a touché environ 274 000 comptes actifs, soit la quasi-totalité des membres de la Fédération Française de Tir. Les informations compromises comprennent le nom, le prénom, la date de naissance, l’adresse, l’adresse mail et le numéro de téléphone de chaque adhérent. La fédération a mandaté un cabinet de cybersécurité indépendant pour auditer ses systèmes et renforcer ses pare-feux..
D’après la FFTir, « aucune donnée médicale ni coordonnée bancaire n’est concernée », et « la fédération ne détient aucune information sur les armes elles-mêmes ». Ces précisions visent à contenir la peur d’une exploitation directe des listes d’armes à feu. Pourtant, dans les faits, l’ampleur du vol de données soulève un risque tangible : il s’agit d’une base structurée contenant des coordonnées précises, de quoi alimenter des campagnes de phishing, voire des repérages ciblés. Selon une source citée par La Dépêche : « Ce qui intéressera les pirates, ce sont les possesseurs d’armes de poing ou d’AR-15. »
Entre peur du vol d’armes et défiance envers la fédération
Dans les clubs de tir, la panique s’est installée dès la révélation du piratage. Les réseaux internes ont vu affluer des messages d’inquiétude, des licenciés craignant d’être ciblés à leur domicile. Pour l’Union Française des amateurs d’Armes (UFA), l’affaire « constitue une atteinte grave à la sécurité des tireurs ». L’organisation rapporte que « plusieurs licenciés envisagent de se porter partie civile ».
Les services préfectoraux, eux, ont diffusé des consignes fermes. Les autorités appellent armuriers et clubs à « vérifier l’identité de tout acheteur », à « refuser toute transaction suspecte » et à « signaler sans délai toute tentative d’achat anormale ».
L’incident devrait également avoir des suites judiciaires. Une enquête a été ouverte par le parquet de Paris, avec le concours de la Brigade de lutte contre la cybercriminalité (BL2C). D’après TF1 Info, les enquêteurs privilégient la piste d’un groupe de hackers étrangers, sans revendication à ce jour.








