Chat Control : Palantir surveille vos conversations à votre insu

Depuis 2021, les messages privés des citoyens européens scannés sous la loi Chat Control sont analysés par Palantir Foundry, logiciel d’une entreprise de renseignement américaine fondée avec le soutien de la CIA. Une investigation révèle que cette collaboration avec le NCMEC est restée totalement opaque pour les législateurs européens, exposant une brèche majeure dans la souveraineté informationnelle de l’UE.

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Chat Control : Palantir surveille vos conversations à votre insu © Armees.com

Depuis 2021, les messages privés des citoyens européens sont analysés par le logiciel Palantir Foundry, développé par une entreprise soutenue par la CIA. Aucun législateur européen n’en était informé. Une enquête du média suédois Dagens ETC a révélé une architecture de surveillance échappant au contrôle démocratique. Les géants technologiques Google, Microsoft, Meta et Snap scannent les communications sous la loi temporaire « Chat Control » et transmettent les données au National Center for Missing & Exploited Children (NCMEC) aux États-Unis, où elles sont analysées par le logiciel Palantir. Cette situation met en lumière une brèche majeure dans la souveraineté informationnelle européenne.

Palantir au cœur du dispositif Chat Control

Palantir Technologies, fondée en 2003 avec le soutien de la CIA, n’est pas une entreprise technologique classique. Spécialisée dans l’analyse de données massives, elle collabore avec des agences américaines telles que les services de renseignement et le Pentagone. Son logiciel Foundry, utilisé pour traiter des volumes d’informations colossaux, est au centre de cette surveillance. Lukas Sieper, député européen allemand, a exprimé ses inquiétudes : « Palantir incarne le pire cauchemar de George Orwell et entretient des liens étroits avec l’administration Trump. »

Depuis 2021, Foundry analyse les rapports envoyés au NCMEC, y compris ceux de l’Union européenne. John Shehan, vice-président du NCMEC, a confirmé que Palantir traite tous les signalements reçus via CyberTipline, sans distinction géographique. Ainsi, une entreprise américaine se trouve au cœur d’un système censé protéger les enfants européens, mais qui fonctionne comme une surveillance de masse transatlantique.

Quand les législateurs européens découvrent l’opacité

L’enquête de Dagens ETC a révélé que ni les législateurs ni les experts européens n’étaient informés de la collaboration entre Palantir et le NCMEC. La loi Chat Control, adoptée en 2021 et prolongée en 2025, a été votée sans que le rôle de Palantir soit connu. Cette opacité soulève des questions sur le lobbying et les consultations ayant mené à son adoption.

La Commission européenne a vanté la précision technologique de Chat Control, affirmant que les systèmes de détection automatique généraient un faux positif sur 50 milliards d’images. Bart Preneel, expert en sécurité des données, conteste ces chiffres, signalant un taux de faux positifs beaucoup plus élevé. Cet écart remet en question la fiabilité du système et expose des citoyens innocents à des signalements erronés.

Risques pour la souveraineté informationnelle européenne

L’architecture révélée par Dagens ETC expose une vulnérabilité stratégique. Les données des citoyens européens sont stockées indéfiniment par une organisation américaine qui applique ses propres règles de confidentialité. Cela crée une asymétrie informationnelle favorable aux États-Unis, comparable à d’autres dépendances stratégiques que l’Europe cherche à réduire.

La dimension géopolitique devient préoccupante compte tenu des liens de Palantir avec l’administration Trump, notamment par son implication dans des politiques controversées. Rien ne garantit que les données européennes ne seront pas exploitées pour d’autres fins, surtout dans un contexte de tensions transatlantiques croissantes sur la souveraineté numérique.

Implications géopolitiques et réponses nécessaires

La révélation de l’implication de Palantir dans Chat Control survient alors que la version permanente du dispositif est en discussion au Parlement européen. Les députés, désormais mieux informés, réclament une réévaluation complète du système, exigeant que toute infrastructure de surveillance soit sous juridiction européenne avec des garanties démocratiques renforcées.

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