« On n’avait jamais vu ça » : des archéologues déterrent en Égypte un sceau portant une image du phare d’Alexandrie que personne n’attendait

Une bague vieille de 1800 ans, gravée du phare d’Alexandrie, remonte des eaux égyptiennes. Un objet unique au monde qui révèle un secret insoupçonné sur le destin du monument englouti.

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« On n'avait jamais vu ça » : des archéologues déterrent en Égypte un sceau portant une image du phare d'Alexandrie que personne n'attendait
« On n’avait jamais vu ça » : des archéologues déterrent en Égypte un sceau portant une image du phare d’Alexandrie que personne n’attendait © Armees.com

Des archéologues ont mis au jour un sceau en bronze orné d’une représentation du phare d’Alexandrie, dans les vestiges engloutis du port royal de la ville égyptienne, confirme actu.fr. Il s’agit, à ce jour, de l’unique bague-sceau connue figurant ce monument antique.

La découverte a été annoncée dans un communiqué publié sur Facebook le 5 octobre 2026 par le ministère égyptien du Tourisme et des Antiquités. L’objet a été exhumé sur le site submergé de l’île royale d’Antirhodos, dans la zone orientale du Portus Magnus, le grand port d’Alexandrie. Les fouilles ont été menées par l’Institut européen d’Archéologie sous-marine (IEASM) en collaboration avec le Conseil suprême des Antiquités.

Une iconographie proche des monnaies d’Antonin le Pieux

Le décor gravé sur la bague rappelle celui des monnaies romaines du IIe siècle de notre ère. On y distingue le socle de l’édifice, un premier étage quadrangulaire surmonté d’une corniche ornée de deux tritons soufflant dans des conques, un deuxième étage, puis un troisième niveau coiffé d’une statue monumentale. La représentation la plus proche de celle du sceau figure sur une monnaie frappée à l’effigie d’Antonin le Pieux.

Hisham El-Leity, secrétaire général du Conseil suprême des Antiquités, a estimé qu’il s’agissait d’« une découverte exceptionnelle, car c’est la première fois qu’une représentation du phare est retrouvée gravée sur un sceau ». Selon les archéologues, cette trouvaille suggère que le palais d’Antirhodos, décrit par Strabon lors de son passage en Égypte, aurait continué d’exercer des fonctions administratives, peut-être liées à la gestion du phare, jusqu’au IIe siècle après J.-C.

Le phare lui-même avait été bâti sur l’île de Pharos sous le règne de Ptolémée Ier, puis inauguré par son fils Ptolémée II. Haut de 103 mètres, il était visible à plusieurs kilomètres depuis la Méditerranée et figure sur la liste des Sept Merveilles du monde. Englouti, il n’est connu qu’à travers ses représentations sur des monnaies ptolémaïques et romaines, ainsi que par des descriptions d’auteurs antiques et arabes.

La mission 2026 n’a pas porté uniquement sur Antirhodos. Les équipes de l’IEASM ont exploré d’autres sites immergés du Portus Magnus : le temple d’Isis, les ruines d’un obélisque et le Timonium, le palais-sanctuaire que Marc-Antoine avait fait construire sur la péninsule du Poseidium.

Ces fouilles ont livré de nombreux objets du quotidien, céramiques, lampes à huile, récipients en verre, amphores et vaisselle de table, couvrant environ huit siècles, du IVe siècle avant J.-C. au IVe siècle après J.-C.

L’exploration du port d’Alexandrie se poursuit depuis 1992 sous la direction de l’IEASM, fondé en 1987 par Franck Goddio.

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