Moyen-Orient : La France reconnaît la Palestine à l’ONU

Le 22 septembre 2025, Emmanuel Macron a profité de l’Assemblée générale de l’ONU pour reconnaître officiellement l’État de Palestine. Plus qu’un simple acte diplomatique, son discours a exposé une doctrine française pour le Proche-Orient : reconnaissance politique, conditions sécuritaires et relance de la solution à deux États face à Israël.

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Moyen-Orient : La France reconnaît la Palestine à l’ONU © Armees.com

À la tribune new-yorkaise au siège de l’ONU, Emmanuel Macron a brisé un tabou. Devant l’Assemblée générale des Nations unies, le président français a annoncé que la France reconnaît désormais l’État de Palestine.

Palestine : une reconnaissance solennelle et assumée par la France

Emmanuel Macron a ouvert son discours par une formule appelée à entrer dans l’histoire : « Fidèle à l’engagement historique de mon pays au Proche-Orient […] je déclare qu’aujourd’hui, la France reconnaît l’État de Palestine », relaye AP News. En prononçant ces mots, il a mis fin à des décennies d’hésitations françaises.

Le chef de l’État a ensuite élargi la portée de cette décision en soulignant que la paix au Proche-Orient ne peut se bâtir que sur « deux États vivant côte à côte dans la sécurité ». Selon Le Point, il a martelé : « Nous ne pouvons plus attendre », une phrase qui, répétée à plusieurs reprises, traduisait l’urgence ressentie par Paris face à la guerre en cours.

Le président a également insisté sur l’équilibre recherché entre reconnaissance et garanties sécuritaires. TF1 Info souligne de son côté que selon Emmanuel Macron : « Le temps est venu de voir un État de Palestine souverain et démilitarisé. » En insistant sur la dimension « démilitarisée », Macron a adressé un message clair à Israël, rappelant que la sécurité de l’État hébreu demeure au cœur de la stratégie française.

Des conditions politiques et humanitaires strictes

Si l’annonce a suscité une salve d’applaudissements à l’ONU, Emmanuel Macron a immédiatement encadré la portée pratique de cette reconnaissance. Il a précisé que l’ouverture d’une ambassade française à Ramallah, en représentation auprès de l’État palestinien, resterait conditionnée à deux avancées majeures : la libération de tous les otages retenus à Gaza et l’instauration d’un cessez-le-feu durable. « Le temps est venu » pour libérer « les 48 otages » encore détenus par le Hamas a demandé le Président français selon Le Monde.

Macron a ensuite développé une vision institutionnelle pour Gaza. Il a évoqué la mise en place d’une « administration de transition » permettant de reconstruire le territoire et de préparer l’émergence d’un État palestinien fonctionnel.

Une rhétorique construite pour l’ONU et au-delà

Au-delà des annonces concrètes, le discours se distinguait par une rhétorique étudiée. Emmanuel Macron a multiplié les formules destinées à marquer les esprits. L’ONU, dans son communiqué officiel, a repris la phrase-clé : « Le temps est venu de bâtir la paix ». Cette cadence, fondée sur la répétition, visait à ancrer l’idée d’un basculement irréversible. Les réactions dans l’enceinte ont confirmé l’impact recherché. Une partie des délégations a ovationné la déclaration, tandis que d’autres sont restées plus réservées, signe de la fracture diplomatique persistante sur le dossier. Dans son discours, Emmanuel Macron a également anticipé les critiques. « Certains diront que c’est trop tôt, d’autres que c’est trop tard », a-t-il concédé, selon Le Point.

À travers cette allocution, Paris a redéfini sa doctrine au Moyen-Orient. La reconnaissance de l’État de Palestine n’est pas un simple acte symbolique, mais un levier diplomatique pour repositionner la France dans la diplomatie internationale. En conditionnant son application concrète à des avancées sécuritaires et humanitaires, Emmanuel Macron se place à l’intersection des attentes palestiniennes et des exigences israéliennes.

Cette posture traduit une double ambition : affirmer l’indépendance stratégique française vis-à-vis des États-Unis, toujours opposés à une reconnaissance unilatérale, et repositionner l’Europe sur une ligne proactive. Le discours du 22 septembre 2025 apparaît donc comme une tentative de relancer la diplomatie multilatérale sur la solution à deux États, au moment où la guerre à Gaza et en Cisjordanie menace de rendre ce scénario caduc.

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