Guerre en Ukraine : Macron veut un cessez-le-feu immédiat 

C’est la première fois depuis des mois que Macron parle aussi franchement. D’un côté, une guerre qui s’enlise en Ukraine. De l’autre, un drame humanitaire à Gaza qui dépasse tout.

Publié le
Lecture : 3 min
macron-guerre-en-ukraine-cessez-le-feu-gaza-trump
Guerre en Ukraine : Macron veut un cessez-le-feu immédiat  © Armees.com

Le 13 mai 2025, Emmanuel Macron s’est exprimé pendant près de trois heures sur TF1. Sur l’Ukraine, sur Gaza, sur l’influence américaine, le président a déployé ses lignes de front.

C’est la première fois depuis des mois que Macron parle aussi franchement. D’un côté, une guerre qui s’enlise en Ukraine. De l’autre, un drame humanitaire à Gaza qui dépasse tout.

Ukraine : un cessez-le-feu pour bientôt ?

Depuis Kiev jusqu’aux studios de TF1, Macron l’a martelé : il faut arracher un cessez-le-feu immédiat en Ukraine. « Trente jours sur la terre, la mer et les airs », a-t-il insisté, rappelant qu’une rencontre au sommet pourrait avoir lieu dans les prochains jours à Istanbul entre Volodymyr Zelensky et Vladimir Poutine (ou un représentant du Kremlin). Donald Trump, actuellement en tournée au Moyen-Orient, pourrait s’y inviter. Une participation explosive, à la hauteur des enjeux.
Mais le président français n’ignore pas le fond du dossier : « même les Ukrainiens eux-mêmes ont la lucidité de dire (…) qu’ils n’auront pas la capacité de reprendre l’intégralité de ce qui est pris depuis 2014 ». « L’armée russe occupe aujourd’hui près de 20 % du territoire ukrainien », a rappelé Macron, insistant sur les réalités militaires du terrain. Moscou a déjà annexé la Crimée en 2014, et revendique désormais quatre régions entières dans le sud et l’est du pays, un fait que le président n’ignore pas, même s’il pousse à la désescalade.

Ce constat d’impuissance
ne vaut pas reddition. Macron affirme que l’objectif reste clair : placer Kiev « dans la meilleure situation possible pour rentrer dans les négociations », avec un soutien militaire constant, même hors de l’Otan. Il propose « des forces prépositionnées loin de la ligne de front », sous forme de coopérations ciblées entre Britanniques, Français et quelques autres alliés prêts à « marquer leur solidarité ».

Face au Kremlin, Paris accélère : sanctions renforcées et coalition durcie

Le ton est sec. Macron ne croit guère à un recul russe spontané. Il prévient : « les Européens prendront dans les prochains jours de nouvelles sanctions contre la Russie (…) en liaison étroite avec les États-Unis d’Amérique ». Dans le viseur : les « revendeurs » de « services financiers » ou de « produits hydrocarbures », considérés comme pivots du financement indirect de l’effort de guerre du Kremlin.

Mais il veut aussi rassurer : pas de fuite en avant. « Nous ne souhaitons pas déclencher une troisième guerre mondiale », a-t-il insisté. La « coalition des volontaires », entendez l’axe Paris-Londres-Berlin, continue de jouer la dissuasion active. Et Macron le rappelle : « on ne peut pas abandonner l’Ukraine à elle seule », même sans perspective d’entrée dans l’Alliance atlantique.

Gaza : Macron hausse le ton, mais s’arrête au seuil de la rupture

C’est peut-être son passage le plus brutal. Sur Gaza, Macron a lâché les mots que d’autres hésitent encore à prononcer : « Ce qu’il fait, c’est une honte », en référence à la « stratégie militaire » de Benjamin Netanyahou. Il décrit une situation « horrible », un « drame humanitaire inacceptable », et dénonce l’interdiction de l’aide humanitaire : « plus d’eau, plus de médicaments, on ne peut plus sortir les blessés ».

Le chef de l’État rappelle s’être rendu en avril 2025 à El-Arich, à la frontière, où il dit avoir vu l’indicible : « une femme avec la colonne vertébrale brisée, six mois sans soins ». Il accuse Israël de bloquer l’acheminement des secours. Et, surtout, reconnaît l’ampleur de l’impasse : « J’ai eu des mots très durs, je me suis fâché avec le Premier ministre Benjamin Netanyahou », mais « il ne dépend pas de nous. Il dépend des armes américaines ».

Trump en ligne de mire : un levier de guerre entre les mains américaines

C’est là que tout converge. Pour Macron, le point de bascule, c’est Washington. Et plus précisément Donald Trump. « En vrai, celui qui a le levier, c’est le président Trump ». Cette phrase claque comme une fatalité géopolitique. La France, seule ou avec ses alliés européens, peut s’indigner. Mais rien ne changera sans l’Amérique.
Macron admet « entretenir un travail très étroit » avec la Maison Blanche. Mais il envoie aussi un signal : l’Europe devra peut-être revoir ses relations avec Israël. « On ne peut pas faire comme si de rien n’était, on va devoir monter la pression », a-t-il averti, sans exclure une révision des accords de coopération entre l’UE et l’État hébreu.

Laisser un commentaire

Share to...