Accord sur les minerais : le Parlement ukrainien donne son feu vert à Trump

Le Parlement ukrainien a ratifié à l’unanimité l’accord sur les minerais entre Kyiv et Washington.

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Accord sur les minerais : le Parlement ukrainien donne son feu vert à Trump © Armees.com

Victoire pour Trump. Le 8 mai 2025, le Parlement ukrainien a officiellement ratifié un accord sur les minerais avec les États-Unis, ouvrant un nouveau chapitre dans les relations bilatérales. À peine le vote terminé, Donald Trump et Volodymyr Zelensky ont échangé par téléphone dans une tentative d’apaisement… ou de verrouillage stratégique.

Un accord sur les minerais voté à l’unanimité par le Parlement ukrainien

Il aura fallu l’inscription de 57 ressources naturelles, la promesse de revenus futurs et l’aval de 338 députés ukrainiens – soit un vote à l’unanimité – pour sceller cet accord sur les ressources de l’Ukraine. Largement au-dessus du seuil requis de 226 voix, cette ratification donne corps à un texte paraphé le 1er mai 2025, au terme de négociations tendues entre Donald Trump et Volodymyr Zelensky.

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Objectif de cet accord ? Offrir aux États-Unis un accès privilégié aux minerais rares, au pétrole et au gaz ukrainiens, en échange du non-remboursement de l’aide américaine (qui s’élève à 350 milliards de dollars depuis le début de l’invasion russe en février 2022.).

L’accord stipule clairement que les projets existants de production nationale ne seront pas impactés. Surtout, aucun endettement de l’Ukraine n’est prévu : « L’accord ne mentionne aucune dette, mais uniquement des nouveaux investissements », a précisé Ioulia Svyrydenko, ministre de l’Économie (AFP).

Loin d’être un simple partenariat commercial, le texte prévoit la création d’un fonds d’investissement commun entre Kyiv et Washington. Alimenté pour moitié par les revenus générés sur les ressources d’État, il sera géré à parts égales et vise à soutenir la reconstruction des infrastructures stratégiques ukrainiennes. Du moins en théorie.

Une ratification qui confirme un réchauffement des relations entre Kiev et Washington

Pas peu fier de cette prise de guerre, le président des États-Unis, Donald Trump, a joint par téléphone son homologue ukrainien, Volodymyr Zelensky, pour saluer cette « victoire diplomatique ». La présidence ukrainienne a qualifié l’appel de « très positif », précisant que les deux dirigeants ont évoqué un possible cessez-le-feu et les perspectives d’une coopération énergétique durable (La Dépêche).

Ce rapprochement intervient après une confrontation frontale en février 2025, lorsque Trump, accompagné de son vice-président J.D. Vance, avait exigé que Kyiv transforme l’aide militaire américaine en une dette équivalente à 442 milliards d’euros. Zelensky avait sèchement refusé, déclarant : « Je ne signerai pas un accord qui serait payé par 10 générations d’Ukrainiens » (Euronews). Depuis, l’accord a été remanié. Désormais, les États-Unis s’engagent à contribuer via l’International Development Finance Corporation, apportant capitaux, technologies, et dans certains cas, systèmes de défense aérienne.

Aucune garantie de sécurité

Malgré la rhétorique officielle, l’accord reste muet sur les garanties de sécurité américaines envers l’Ukraine. En effet, aucune clause ne lie formellement ce partenariat à une aide militaire renouvelée. Dans ses déclarations, Donald Trump a justifié la position américaine en insistant sur les « bénéfices mutuels » dudit accord et sur le fait que celui-ci « montre que nous voulons conclure rapidement la guerre avec la Russie » (AFP).

Même tonalité du côté de Zelensky, qui voit dans cet accord un « nouveau chapitre » dans la relation avec Washington. Mais en coulisses, selon des sources parlementaires, des députés s’inquiètent de la mainmise américaine sur les ressources stratégiques du pays.

Un aveu de faiblesse ?

Les termes de l’accord précisent que l’Ukraine reste pleinement propriétaire de ses ressources. Mais le pouvoir de décision sur ce qui peut être exploité, où, et par qui, sera désormais partagé avec les États-Unis.

Le fonds commun recevra 50 % des bénéfices futurs issus des ressources d’État. Pendant les dix premières années, aucun dividende ne sera prélevé, afin de garantir leur réinjection dans les projets locaux. Pour certains analystes, il s’agit d’un compromis honorable. Pour d’autres, d’un aveu de faiblesse de la part de l’Ukraine, dont 20 % du territoire est désormais sous contrôle russe.

Un succès diplomatique à la veille de la commémoration du 9 mai

Derrière l’unanimité parlementaire et les poignées de main virtuelles, l’accord sur les minerais, gaz et pétrole entre Kyiv et Washington reste une opération économique autant qu’un acte politique.

Il répond à l’urgence budgétaire de l’Ukraine, satisfait l’appétit stratégique des États-Unis, et offre à Donald Trump un succès diplomatique à la veille du « Jour de la Victoire ».

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