Le 24 mai 2026, l’Armée de Terre française a annoncé une avancée majeure : la technologie de détection automatique assistée par intelligence artificielle (IA) va être intégrée aux véhicules blindés Griffon. L’objectif annoncé est d’améliorer la réactivité face aux menaces, tout en renforçant la sécurité et l’efficacité des opérations. Cette technologie, développée par l’Agence ministérielle pour l’intelligence artificielle de défense (AMIAD), a été largement discutée sur LinkedIn, soulignant son importance pour les forces armées et l’usage des algorithmes d’intelligence artificielle.
DEMAIA : la techno et à quoi ça sert
Le projet repose sur le module Détection d’Engins Militaires Assistée par IA (DEMAIA), qui sera embarqué dans les véhicules. Il exploite les flux optroniques visibles et infrarouges des capteurs du Griffon et s’intègre à l’Architecture électronique embarquée standardisée Vétronique commune SCORPION (VCS). Bertrand Rondepierre, directeur de l’AMIAD, avait déjà présenté plusieurs usages de l’IA : identification automatique de cibles, transcription des communications radio, démontrant l’éventail de fonctions pouvant être automatisées.
Parmi les capacités citées, on trouve :
- maintenance prédictive
- l’amélioration de la précision des canons (pour économiser les obus)
- le renforcement des fonctions de communication et de contrôle
Concrètement, le système peut servir pour des missions de reconnaissance afin de détecter et identifier des menaces, pour des opérations de sauvetage grâce à une analyse rapide des conditions de terrain, et pour la lutte contre le terrorisme en optimisant les déploiements dans les zones à risque. La coopération entre agences sera aussi facilitée par le partage de données entre les forces de police et les services de renseignement.
Quand et comment ça va être déployé
Dès cette année, les versions VTT (véhicule de transport de troupes) et VOA (véhicule d’observation de l’artillerie) du Griffon verront progressivement l’intégration du module DEMAIA. L’intégration dans les VBMR légers Serval reste incertaine pour l’instant (VBMR = véhicule blindé multi-rôles). L’objectif affiché est de robotiser les unités militaires dans le cadre du projet PENDRAGON. Les essais réalisés à ce jour ont été concluants, démontrant la robustesse et l’efficacité de la technologie.
L’AMIAD met en avant les avantages cognitifs pour les équipages : le système libère ces derniers de tâches longues et répétitives, leur permettant de se concentrer sur des missions à haute valeur ajoutée. À l’échelle mondiale, les investissements en IA militaire s’envolent, avec des efforts colossaux des États-Unis et de la Chine. La France adopte une approche plus prudente mais progressive, visant des tests rigoureux avant un déploiement plus large, soutenue par des infrastructures comme le supercalculateur Asgard. Comme l’a dit Bertrand Rondepierre : « belle démonstration de notre capacité à développer rapidement des solutions IA embarquées, robustes et directement intégrables au combat collaboratif de demain. » cite Zone Militaire.








