Une photo qui fait le buzz circule sur les réseaux de défense, laissant entrevoir ce qui pourrait être le J-36, un tout nouvel avion furtif chinois. Même si on n’a pas encore confirmé la véracité de cette image, elle attise largement la curiosité des spécialistes du secteur. Si jamais elle se révèle authentique, cela marquerait peut-être une belle avancée dans l’aviation militaire de Pékin.
Un design qui en jette et des spécificités qui sortent de l’ordinaire
Sur cette image, on voit un appareil d’une envergure impressionnante, avoisinant les 23 mètres de long. On se rend vite compte que sa taille dépasse celle des chasseurs furtifs habituels, y compris le J-20. Son design, avec sa silhouette triangulaire et son motif en diamant, ressemble plus à un bombardier tactique qu’à un simple chasseur. L’absence d’empennage à l’arrière renforce ce ressenti.
Côté armement, le J-36 parait équipé de trois baies internes sous le fuselage : une baie centrale assez grande et deux plus petites sur les côtés. Cela lui permettrait de porter une diversité d’armes, comme des missiles tactiques compacts et des missiles de croisière à longue portée.
Le cockpit est pensé pour accueillir deux personnes en configuration côte à côte, facilitant ainsi la collaboration entre pilote et copilote ou navigateur. Cette configuration sort de l’ordinaire pour un chasseur furtif, et laisse supposer la présence d’un officier supplémentaire chargé de gérer les systèmes d’armes.
Le nouveau démonstrateur du J-36, observé et dessiné par quatre amateurs chinois différents. pic.twitter.com/m6na3VXQYB
— East Pendulum (@HenriKenhmann) January 1, 2025
Une motorisation qui envoie du lourd et une discrétion travaillée
L’appareil se distingue aussi par sa motorisation spéciale : trois moteurs sont visibles, avec deux prises d’air sous le fuselage et une troisième placée à l’arrière sur le dos. Ce genre d’arrangement à trois réacteurs est rare dans l’aviation militaire moderne, ce qui lui offrirait une puissance importante.
La furtivité reste au cœur du design du J-36. Sur le nez, des capteurs recouverts d’un revêtement doré abritent des systèmes de détection et de suivi avancés. Par ailleurs, la forme des prises d’air et du fuselage a été étudiée pour réduire sa signature radar, mise au point qui permet de rester discret face aux radars.
Une stratégie bien ficelée et des retombées géopolitiques
Le design du J-36 combine des éléments propres aux chasseurs, aux bombardiers et aux drones pilotés, rappelant un peu le B-21 Raider américain et s’inscrit dans une démarche plus large de modernisation militaire chinoise, tout comme le développement d’un drone multifonctionnel. Ce développement s’inscrit dans une démarche plus large de modernisation militaire chinoise. En fait, il fait partie des deux projets chinois dits « de sixième génération », aux côtés du J-XDS ou J-50, et se positionne en rival direct face au programme NGAD américain.
La ville de Chengdu, connue pour son savoir-faire aéronautique depuis les années 1950, serait le lieu d’essai du J-36. Ce site industriel, si important pour l’aéronautique en Chine, donne du crédit à l’origine potentielle de la photo qui circule.
Sur le plan géopolitique, la diffusion non officielle mais très virale des vidéos du J-36 coïncide avec l’annonce américaine concernant le futur avion F-47. Mettre en avant la menace d’un concurrent est souvent une manière de justifier le maintien des budgets de défense nationaux, soulignant ainsi la dépendance stratégique des États-Unis vis-à-vis de la Chine.
Réactions et perspectives d’avenir
David Cenciotti, expert italien en aviation militaire, remarque : « Jusqu’à présent, aucune vidéo explicite du J-36 n’a été diffusée sur les plateformes officielles ». Un ingénieur aéronautique, qui préfère rester anonyme, ajoute : « Nous avons juste quelques pièces d’un puzzle dont plusieurs éléments nous manquent encore ». Ces commentaires montrent bien le mystère qui entoure encore cet appareil.
Si jamais le J-36 se confirme, il pourrait représenter un tournant stratégique pour la Chine et pour le rapport de forces dans les airs, contribuant à sa domination aérienne. Avec ses capacités multirôles et sa technologie audacieuse, il offrirait à Pékin une marge de manœuvre assez large dans la région Pacifique.








