En lançant un appel d’offres pour l’achat de 2 000 000 de cartouches de calibre 12,7 mm, le ministère des Armées poursuit, via la Direction générale de l’armement, la révision de sa politique d’approvisionnement en munitions. La procédure a été ouverte le 26 juin. Elle vise à couvrir les besoins opérationnels de l’armée française et à renforcer l’autonomie de production de l’Union européenne.
Ce qu’il faut savoir sur l’appel d’offres
L’appel d’offres, publié par la DGA, comporte plusieurs étapes. Les candidats avaient jusqu’au 29 juillet pour déposer leur dossier. Quatre industriels européens ont répondu et remis leurs offres initiales le 2 décembre 2025.
Deux soumissionnaires ayant demandé un report, les offres finales sont désormais attendues avant le 14 avril. Le contrat porte sur sept ans. Les munitions passeront d’abord une qualification industrielle, puis devront être livrées dans les 24 mois suivant leur qualification finale. La période de qualification, elle, ne peut dépasser 18 mois à compter de la notification de l’accord-cadre.
Ce que doivent respecter les industriels
Le marché porte sur deux types de munitions : 1 000 000 de cartouches de calibre 12,7 x 99 mm à balle ordinaire et environ 1 000 000 de cartouches « panachées », qui mêlent balles traçantes et ordinaires. Toutes doivent répondre aux normes de l’OTAN.
L’amorce, la poudre et les éléments métalliques doivent obligatoirement être fabriqués dans l’Union européenne ou l’Espace économique européen, ce qui soutient la capacité de production locale. Les essais se feront avec une Browning Machine Gun .50 M2HB, la mitrailleuse .50 employée pour ce calibre.
Les enjeux stratégiques et les règles à respecter
La relocalisation de la production de munitions a été relancée par Sébastien Lecornu lorsqu’il dirigeait le ministère des Armées. Devant l’Assemblée nationale, l’actuelle ministre Catherine Vautrin a rappelé que ce projet doit renforcer l’autonomie européenne en matière d’armement et pourrait aboutir prochainement grâce à la relocalisation de production.
Les conditions d’accès sont strictes : seuls les industriels établis dans l’UE ou l’EEE peuvent soumissionner. Cette restriction repose sur l’article 2342-7 du code de la commande publique, qui écarte les opérateurs des pays tiers (hors UE et EEE).
Stocks et aspects économiques
Le ministère des Armées juge l’état des stocks « très satisfaisant » : ceux-ci couvrent plus de 90 % des besoins pour les calibres de 5,56 mm à 12,7 mm. Un rapport de janvier 2022 estime que cela représente deux à trois années de préparation opérationnelle. Le marché mondial, malgré sa concurrence, n’a jamais manqué à l’approvisionnement des forces françaises.
D’un montant maximal de 99 millions d’euros, l’accord-cadre doit garantir aux armées des stocks suffisants pour leurs engagements à venir.








