Mauvaise nouvelle pour l’OTAN : Berlin abandonne ses frégates de 166 mètres jugées « cruciales » face à la Russie, les coûts ont explosé au point de tuer le projet

L’abandon du programme des frégates F126 pourrait coûter cher à l’Allemagne, avec des pertes estimées à 2 milliards d’euros.

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Mauvaise nouvelle pour l’OTAN : Berlin abandonne ses frégates de 166 mètres jugées « cruciales » face à la Russie, les coûts ont explosé au point de tuer le projet © Armees.com

Le gouvernement allemand a décidé d’abandonner le programme coûteux des frégates F126 pour une option moins chère : les frégates Meko A-200. La décision a été annoncée par le ministre de la Défense, Boris Pistorius, aux responsables industriels et parlementaires. Elle a d’abord été révélée par Der Spiegel, puis confirmée par Handelsblatt. Elle s’inscrit dans l’effort de réarmement engagé par l’Allemagne depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie en 2022.

Un réajustement stratégique

L’Allemagne avait d’abord choisi de développer des frégates F126, avec l’intention d’en construire quatre, puis six. Chaque navire devait mesurer 166 mètres et peser jusqu’à 10 000 tonnes. Leur mission principale était la lutte anti-sous-marine, pour renforcer la protection du flanc nord européen.

Le programme participait à la volonté allemande de peser davantage dans la défense collective de l’Europe et d’accroître sa capacité de dissuasion. Mais des dépassements de coûts et des retards ont plombé le projet : le coût initial, estimé à 5,5 milliards d’euros pour quatre navires, est monté à près de 14 milliards d’euros pour six unités.

Un accord avait été trouvé en novembre dernier entre Damen Naval et le gouvernement allemand pour transférer la responsabilité principale à Rheinmetall, qui venait de racheter les chantiers Lürssen pour 1,5 milliard d’euros.

En misant sur les frégates Meko A-200, plus petites et moins chères, Berlin prévoit d’en acquérir huit, sur la base d’un modèle déjà exporté. Ces bâtiments ne répondent pas aux mêmes exigences opérationnelles que les F126, mais l’idée est de livrer rapidement à la marine les équipements promis tout en réduisant la dépense. La manœuvre doit maintenir la présence allemande en mer Baltique et dans l’Atlantique Nord au profit de l’OTAN, et combler un manque opérationnel que la marine attendait de voir résolu.

Ce que ça change pour l’industrie et l’économie

L’abandon des F126 aura des conséquences lourdes pour l’industrie navale allemande et pour Rheinmetall, dont l’action a chuté de 15 % à la Bourse de Francfort. L’arrêt du projet se traduit aussi par des pertes estimées à environ 2 milliards d’euros.

L’avenir de la première coque, restée en suspens sur le chantier naval de Wolgast, n’est pas réglé. La décision pèse en outre sur le plan d’investissement de l’Allemagne, qui prévoit de dépenser près de 780 milliards d’euros pour moderniser ses forces armées d’ici 2030.

La commission budgétaire du Bundestag avait déjà fait part de ses inquiétudes sur le financement simultané des deux programmes de frégates, dont elle jugeait les coûts excessifs.

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