Le général Fabien Mandon, chef d’état-major des Armées, estime que la France n’a plus de temps à perdre pour se préparer à une confrontation potentielle avec la Russie. Selon lui, les signaux d’escalade se multiplient, et la réponse doit être politique, technologique et humaine. L’objectif : rendre la Défense française apte à affronter un conflit de haute intensité avant la fin de la décennie.
Face à la Russie, comment la France doit-elle s’adapter ?
Le budget 2026 marque un tournant pour les Armées françaises. La Défense bénéficiera d’une hausse de plusieurs milliards d’euros, confirmant une trajectoire ambitieuse fixée par la loi de programmation militaire. Cet effort vise d’abord à anticiper une possible montée des tensions avec la Russie. Le général Mandon insiste sur un triptyque : entraînement, équipement et soutien humain. Les troupes doivent être prêtes à agir rapidement, disposer de munitions suffisantes et d’un matériel éprouvé avant toute opération réelle.
L’investissement dans les conditions de vie des militaires et de leurs familles est également considéré comme stratégique, pour garantir la cohésion et la fidélisation. L’innovation occupe une place centrale dans cette montée en puissance. La France veut « droniser » une partie de ses forces et renforcer ses capacités dans les domaines du renseignement et de la cyberdéfense. Les munitions complexes, les missiles d’exercice et les drones de nouvelle génération seront livrés sur un horizon de trois ans, afin que la Défense soit pleinement opérationnelle d’ici la période jugée critique.
Un horizon de trois à quatre ans pour faire face à la Russie
Le chef d’état-major ne parle pas d’un risque hypothétique, mais d’une échéance plausible. Selon lui, la Russie pourrait tester la solidité de l’Europe dans les prochaines années. La chronologie récente de ses actions – de la Géorgie à l’Ukraine – montre un schéma d’agression récurrent. Moscou, explique-t-il, perçoit l’Occident comme affaibli et divisé.
Cette perception nourrit un danger : la possibilité d’un « choc » politique, militaire ou hybride. Dans les démocraties européennes, les cycles électoraux peuvent modifier les alliances, créant des fenêtres d’opportunité que la Russie pourrait exploiter. Le général Mandon estime donc que la France doit se préparer à cette éventualité, non pas par crainte, mais par lucidité stratégique.
Les récents essais d’armes nucléaires et de systèmes sous-marins russes confirment la modernisation accélérée des capacités de Moscou. Ces avancées technologiques exigent une réponse ferme et cohérente du côté européen.








