L’Australie achète 450 missiles AIM-260 aux États-Unis : elle devient le seul pays étranger à mettre la main sur le missile américain le plus avancé

L’Australie devient le seul pays étranger à mettre la main sur le missile américain le plus avancé, pensé pour contrer la menace chinoise. Un choix stratégique qui en dit long sur les tensions à venir dans le Pacifique.

Publié le
Lecture : 2 min
L'Australie achète 450 missiles AIM-260 aux États-Unis : elle devient le seul pays étranger à mettre la main sur le missile américain le plus avancé
L’Australie achète 450 missiles AIM-260 aux États-Unis : elle devient le seul pays étranger à mettre la main sur le missile américain le plus avancé © Armees.com

L’Australie a confirmé l’achat de 450 missiles air-air à longue portée AIM-260 JATM (Joint Advanced Tactical Missile) auprès des États-Unis. Le ministre australien de la Défense, Richard Marles, a annoncé cette commande à l’occasion de l’exercice militaire Pitch Black, pour un montant de 518 millions de dollars américains.

Ce contrat, chiffré à 736 millions de dollars australiens, fait de Canberra le premier pays hors des États-Unis à disposer de cette arme tactique de pointe, confirme le média spécialisé Opex360. Les missiles armeront d’abord les F/A-18F Super Hornet de la Royal Australian Air Force, avant d’équiper les F-35A et les avions de guerre électronique EA-18G Growler. Selon Marles, le missile serait rapidement mis en service.

Dans une déclaration reprise à cette occasion, le ministre a détaillé l’intérêt de cette acquisition. Marles a expliqué que l’acquisition de missiles AIM-260 JATM permettra aux plateformes de la Royal Australian Air Force de disposer d’une force de dissuasion crédible contre les cibles aériennes, complétant ainsi les capacités existantes en matière de missiles air-air et autres capacités de missiles terrestres au sein des Forces de défense australiennes, et qu’elle renforcera également l’interopérabilité de l’Australie avec les États-Unis.

Un feu vert américain accordé en mars 2026

L’opération s’appuie sur une autorisation du Congrès américain remontant à mars 2026, qui donnait le droit à l’Australie de se procurer 450 exemplaires du missile, pour un montant alors estimé à 3,16 milliards de dollars. Cette décision avait surpris nombre d’observateurs : le développement de l’AIM-260, conduit par Lockheed Martin depuis 2017, était encore en cours au moment de l’autorisation, et la confidentialité entourant ce programme laissait penser qu’il resterait réservé aux forces aériennes américaines. L’intégration du missile sur le F-22A Raptor reste d’ailleurs une priorité du Pentagone.

L’avis publié par le Congrès soulignait un risque : qu’un adversaire technologiquement avancé, en obtenant des informations sur les composants matériels et logiciels du missile, développe des contre-mesures ou conçoive une arme aux capacités équivalentes. L’autorisation accordée à Canberra a finalement reposé sur un constat : l’Australie peut assurer un niveau de protection sensiblement équivalent à celui du gouvernement américain.

Techniquement, l’AIM-260 reprend des dimensions proches de celles de l’AIM-120 AMRAAM, qu’il doit remplacer ou compléter. Il fonctionnera avec un nouveau propergol et disposera de capacités de guidage et de mise en réseau avancées. Sa portée reste classifiée, mais elle devrait être plusieurs fois supérieure à celle de l’AMRAAM, dont les dernières versions atteignent 160 à 180 kilomètres.

Une réponse au missile chinois PL-15

L’AIM-260 est présenté comme une réponse au développement, par la Chine, du missile air-air PL-15. Selon Air & Space Forces Magazine, cet armement est susceptible de donner à l’Armée populaire de libération un avantage décisif en termes de détection et de tir face aux appareils américains.

L’accord intervient aussi dans un contexte de tensions sur la chaîne d’approvisionnement mondiale en munitions. D’après des analyses du Centre d’études stratégiques et internationales, de nombreux pays risquent de voir leurs réserves de missiles antiaériens et guidés diminuer, ce qui renforce la nécessité pour chacun de développer une autonomie technologique militaire.

Canberra ne se contente pas d’acheter. Le gouvernement australien prévoit d’investir jusqu’à 36 milliards de dollars australiens sur dix ans pour développer son industrie nationale d’armements guidés, en collaboration avec des entreprises comme Lockheed Martin et Thales. L’Australie a par ailleurs testé avec succès un moteur-fusée de conception nationale, développé avec le groupe français, une avancée qui doit permettre au pays de réduire progressivement sa dépendance aux composants étrangers pour ses fusées.

Laisser un commentaire

Share to...