La marine allemande arme ses avions de patrouille avec le missile JSM : un choix qui surprend les états-majors européens

Portée jusqu’à 555 km, vol à très basse altitude, autodirecteur infrarouge : le JSM pourrait enfin donner des dents à la flotte de patrouille allemande. Reste une question, celle de la qualification du P-8A pour le tirer.

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La marine allemande arme ses avions de patrouille avec le missile JSM : un choix qui surprend les états-majors européens
La marine allemande arme ses avions de patrouille avec le missile JSM : un choix qui surprend les états-majors européens © Armees.com

La marine allemande confirme son intention d’équiper ses avions de patrouille maritime P-8A Poseidon de missiles antinavires JSM (Joint Strike Missile). Selon le site spécialisé Hartpunkt, le ministère allemand de la Défense s’apprête à passer une nouvelle commande de ces missiles au profit de la Deutsche Marine, avec une acquisition prévue en 2026.

D’après Hartpunkt, ces missiles constitueraient une option pour l’armement du plus gros avion de combat de la marine allemande, capable d’engager des cibles terrestres et navales à longue portée. Le site précise que des sources bien informées évoquent cette acquisition pour l’année en cours.

Un déficit capacitaire qui remonte au retrait des Tornado

L’aviation navale allemande, la MarineFlieger, ne dispose plus de capacité de frappe antinavire depuis le transfert de ses chasseurs-bombardiers PANAVIA Tornado à la Luftwaffe, au début des années 2000. Ce vide devrait être partiellement comblé par les hélicoptères embarqués NH90 « Sea Tiger », qui pourront emporter le missile Marte ER conçu par MBDA, avec une portée de 100 km.

Le capitaine de vaisseau Broder Nielsen, commandant de la MarineFlieger, a fait de l’armement à longue portée des P-8A une priorité. Lors du salon de l’aéronautique de Farnborough, en juillet 2026, il a jugé le JSM, développé par le norvégien Kongsberg, comme une option valable.

Il a expliqué à cette occasion qu’ils n’en étaient qu’aux prémices de la mise en service de leurs avions, qu’il fallait donc procéder étape par étape, mais que le plus important était leur capacité à mener des frappes cinétiques. Il a ajouté juger indispensable que ses appareils reçoivent des torpilles et disposent d’une capacité de frappe de précision dans la profondeur. « Nous avons besoin de missiles antisurface de longue portée », a-t-il résumé.

Le JSM, variante du Naval Strike Missile, affiche une portée comprise entre 185 et 555 kilomètres selon le profil de vol, pour une charge militaire de 120 kg. Il embarque une centrale inertielle, un GPS et un système de navigation TERCOM permettant un vol à très basse altitude, ainsi qu’un autodirecteur à imagerie infrarouge associé à une base de données de cibles potentielles.

Le P-8A Poseidon n’est pour l’instant pas qualifié pour tirer ce missile. Le F-35A et le drone MQ-9B SeaGuardian, dont huit exemplaires ont été commandés par la MarineFlieger, le sont déjà.

La flotte allemande de P-8A, acquis auprès de Boeing, doit compter huit appareils. Berlin envisage d’en commander quatre supplémentaires, avec une enveloppe de 2,8 milliards d’euros de crédits d’engagement prévue pour la période 2028-2030. Ces avions seront associés aux drones MQ-9B SeaGuardian.

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