Depuis 1987, le véhicule de combat d’infanterie MCV-80 Warrior a été un pilier important dans la British Army. Mais ce vétéran des champs de bataille va bientôt laisser sa place à des modèles plus modernes, comme les engins blindés Boxer à roues et l’Ajax chenillé. Ce changement ne consiste pas qu’en un simple remplacement d’engins, il ouvre aussi la porte à des innovations technologiques qui pourraient bien transformer la manière de mener les opérations avec les chars de combat.
Le bilan opérationnel
En mai 2024, on dénombrait encore 632 exemplaires du MCV-80 Warrior en service actif. Ce chiffre montre bien la longévité et la robustesse de ces véhicules, même s’ils commencent à tirer leur révérence. Parallèlement, au moins 80 unités devraient être retirées bientôt, signe que le moment du changement est arrivé. Avec une masse au combat de 25,4 tonnes, le Warrior est équipé d’un moteur Perkins / Rolls-Royce CV8 TCA V-8 diesel fournissant 550 chevaux. Côté armement, il dispose d’un canon de 30 mm et d’une mitrailleuse de calibre 7,62 × 51 mm Otan. Son équipage se compose d’un pilote, d’un tireur et d’un chef d’engin, et il peut embarquer jusqu’à sept fantassins.
Même si ses performances ont fait leurs preuves, le ministère britannique de la Défense (MoD) estime aujourd’hui sa capacité militaire « limitée » (selon leurs dires). C’est pour cela qu’il n’est pas prévu de transférer les Warriors retirés à l’armée ukrainienne, pour ne pas compliquer leur logistique.
Vers une nouvelle ère technologique
L’avenir des Warriors ne se limite pas à leur retrait progressif. En avril, le Laboratoire des sciences et des technologies de la défense (Dstl) du MoD a dévoilé le prototype Weevil. Ce nouveau robot, capable d’ouvrir une brèche dans un champ de mines, a été conçu à partir du châssis d’un MCV-80 Warrior. Il se pilote par un seul sapeur, qui peut le contrôler à des kilomètres de distance grâce à des caméras et des capteurs reliés à une tablette « durcie ». Le Weevil représente une avancée certaine pour améliorer la sécurité et les performances sur le terrain grâce à la robotisation militaire.
Parallèlement, le programme ATILLA vise à mettre en place rapidement un drone terrestre (UGV) modulaire autonome doté d’une charge lourde. La première phase prévoit l’acquisition de jusqu’à six systèmes « équipage optionnel » basés sur le Warrior, avant d’évoluer vers une utilisation totalement autonome lors de la deuxième phase.
Perspectives pour la British Army
Selon le site UK Defence Journal (UKDJ), ces projets pourraient bien ouvrir la voie à une nouvelle génération d’UGV modulaires et lourds. Ce qui démarre comme une solution temporaire pourrait marquer le début d’un virage dans la façon d’aborder les missions à risque sur le terrain par la British Army.
Ces évolutions montrent que le MoD ne ménage pas ses efforts pour intégrer des technologies de pointe tout en adaptant ses forces aux défis actuels, en s’appuyant sur les équipements déjà en service. Les leçons tirées pourraient transformer de manière significative les opérations militaires britanniques de demain.








