Alors que les enjeux de sécurité internationale s’intensifient, l’État français cherche à redéfinir le rôle de sa jeunesse dans la défense et la cohésion nationale. Le gouvernement hésite entre un SNU élargi, plus accessible et civique, ou un retour à un service militaire obligatoire, bien plus coûteux.
La jeunesse au service de la Nation : un enjeu stratégique
Avec la guerre en Ukraine et les tensions aux frontières de l’Europe, la réflexion sur l’engagement des jeunes prend une nouvelle dimension. Le président Emmanuel Macron a demandé des pistes concrètes pour étendre le Service National Universel. Il souhaite faire du SNU un levier de mobilisation plus large, sans pour autant trancher sur le modèle à privilégier.
Dans cette optique, le Haut-commissariat au Plan propose plusieurs scénarios. Tous visent à impliquer davantage les jeunes, mais les modalités et les budgets varient fortement. L’un des objectifs communs est de renforcer le sentiment d’unité nationale et de préparer la jeunesse à une citoyenneté active.
Parallèlement, des propositions émergent pour que le SNU devienne un élément reconnu dans les parcours scolaires et professionnels. Cette participation pourrait être valorisée dans les concours de la fonction publique ou intégrée dans le calcul de la retraite des agents. Les écoles pourraient aussi jouer un rôle plus actif dans sa promotion, pour en faire un véritable outil de cohésion.
Des scénarios très contrastés… et des coûts qui le sont tout autant
Le modèle actuel du SNU repose sur le volontariat et touche environ 40.000 jeunes par an. Étendre ce dispositif à 200.000 participants représenterait un coût de 600 millions d’euros par an. Ce scénario reste raisonnable et envisageable à court terme.
Mais d’autres options, bien plus ambitieuses, sont à l’étude. Un projet de service militaire obligatoire pour l’ensemble d’une génération — soit 600.000 jeunes — coûterait environ 15 milliards d’euros chaque année. Ce modèle inclurait une formation militaire de six mois et supposerait une organisation lourde, tant logistique que budgétaire.
Entre ces deux extrêmes, des formats hybrides sont aussi proposés : un court stage civique, suivi d’une mission d’intérêt général, et d’un service militaire volontaire de trois mois. Ces versions intermédiaires nécessiteraient environ 5 milliards d’euros par an.
Ces propositions s’inscrivent dans un contexte budgétaire tendu. Le budget 2025 prévoit une réduction des crédits alloués au SNU par rapport aux années précédentes, malgré les ambitions affichées. En revanche, les dépenses liées à la défense poursuivent leur progression, avec un renforcement des effectifs, des équipements et des réserves...








