L’Unité 96941 de l’Armée populaire de libération a utilisé GPT-3.5 d’OpenAI pour traiter du code source militaire sensible et former un modèle d’intelligence artificielle domestique fonctionnant sur des réseaux isolés. Cette révélation, issue de l’analyse de plus de 80 documents académiques et brevets chinois par la Jamestown Foundation, illustre une stratégie systématique de distillation adverse menée par Pékin depuis 2024. La technique permet d’extraire les capacités de raisonnement des modèles occidentaux pour développer des systèmes d’armes intelligentes, contournant les restrictions américaines sur les puces avancées.
Les capacités militaires chinoises augmentées par la distillation d’intelligence artificielle
L’Unité 96941 et l’exploitation de GPT-3.5 pour les réseaux militaires isolés
L’unité de renseignement militaire et de cybersécurité basée à Pékin a violé les conditions d’utilisation d’OpenAI en alimentant le modèle américain avec des données classifiées. L’objectif : créer un système capable de fonctionner sans connexion externe, sur les infrastructures fermées de l’APL. Cette opération démontre la volonté chinoise de s’affranchir de toute dépendance technologique occidentale, même pour les applications les plus sensibles. Sunny Cheung, chercheur à la Jamestown Foundation, explique : « Enseigner à un modèle la bonne réponse est une chose, mais lui enseigner le raisonnement derrière cette réponse est beaucoup plus difficile. Ces documents montrent que des chercheurs chinois liés à l’armée tentent de transférer ce raisonnement coûteux et propriétaire des modèles occidentaux vers des systèmes plus petits qu’ils peuvent contrôler et déployer localement. »
Réduction de modèles pour drones et systèmes d’armes autonomes
L’Université nationale de technologie de défense de l’APL a poussé la distillation vers des applications opérationnelles concrètes. Ses chercheurs ont compressé un modèle de traitement d’images destiné aux drones, permettant l’analyse vidéo en direct et l’aide à la navigation et au ciblage, même sans communications. Cette autonomie représente un avantage tactique majeur dans les environnements où les liaisons peuvent être brouillées ou coupées. La miniaturisation des modèles autorise également leur embarquement sur des plateformes légères, multipliant les possibilités de déploiement. L’avance chinoise en IA militaire s’accélère grâce à ces raccourcis technologiques.
Ciblage du ‘chain of thought’ : la capacité la plus stratégiquement coûteuse
Pékin cible explicitement la capacité de raisonnement par étapes, la plus onéreuse à développer et celle où les laboratoires américains dominent le plus clairement. Une équipe de l’Université Xidian, en collaboration avec un laboratoire de lutte contre le terrorisme de la Police armée du peuple, a utilisé InstructGPT d’OpenAI pour générer huit réponses par question et améliorer les performances des modèles chinois. Cette multiplication des exemples de raisonnement permet d’entraîner des systèmes domestiques à reproduire la logique des modèles de frontier américains. Selon les analystes d’Apollo, les modèles chinois ne sont plus qu’à deux mois de retard sur leurs homologues américains, malgré les restrictions d’accès aux puces avancées.
Contournement des contrôles d’exportation et des guardrails de sécurité
Outils de dissimulation développés par les universités chinoises
Des chercheurs de l’Université des sciences et technologies de Chine ont conçu des outils pour éviter la détection lors d’attaques de distillation et réduire les anomalies révélant l’origine étrangère des modèles. L’Académie chinoise des sciences a démontré l’efficacité de ces techniques en jailbreakant plusieurs modèles domestiques. Qwen-Max s’est identifié comme « Claude d’Anthropic » et DeepSeek-V3 comme créé par OpenAI, confirmant l’utilisation massive de la distillation. Le secrétaire du Trésor américain Scott Bessent a révélé avoir découvert des filigranes de modèles américains dans de nombreux systèmes chinois, prouvant l’extraction de propriété intellectuelle à l’échelle industrielle.
Risques de perte des mécanismes de sécurité dans les modèles distillés
Les guardrails intégrés aux modèles occidentaux pour empêcher les usages malveillants disparaissent souvent lors de la distillation. L’Université du Nord de la Chine, liée à l’industrie des armes, a utilisé Claude 3 Haiku d’Anthropic pour générer des données d’entraînement synthétiques destinées à la modération de contenu sur les réseaux sociaux. Rien ne garantit que les limitations éthiques du modèle original aient été préservées. Cette perte des mécanismes de contrôle inquiète les experts en cybersécurité militaire, car elle ouvre la voie à des applications offensives sans contraintes. L’Occident joue avec le feu chinois en sous-estimant ces risques.
Réponses de l’administration Trump : sanctions et Entity List
Accusations de vol de propriété intellectuelle à l’échelle industrielle
En juillet 2026, la Maison Blanche a accusé Moonshot AI, soutenue par Alibaba, d’avoir distillé le modèle Fable d’Anthropic pour créer Kimi K3. L’entreprise chinoise aurait également accédé à des serveurs équipés de puces Nvidia GB300, en violation des contrôles d’exportation. Scott Bessent a déclaré sur X : « L’open source n’est pas une saison ouverte sur la propriété intellectuelle américaine. Lorsque les attaques de distillation à l’échelle industrielle franchissent la ligne du vol de PI, les sanctions et les inscriptions sur l’Entity List seront sur la table. » Michael Kratsios, conseiller en sciences et technologie à la Maison Blanche, a qualifié la distillation massive et secrète d’« inacceptable ».








