Le ministère vénézuélien de la Défense affirme avoir démantelé une cellule criminelle liée à la CIA, accusée d’avoir planifié une attaque sous faux drapeau pour justifier une intervention des États-Unis. Un épisode de plus dans le long dossier de l’ingérence américaine au Venezuela, sur fond d’escalade militaire dans les Caraïbes.
Ingérence : un nouveau front dans la confrontation entre Washington et Caracas
Le 28 octobre 2025, le gouvernement du Venezuela a annoncé avoir déjoué une opération clandestine impliquant la CIA, prétendument destinée à « justifier une agression américaine ». L’information, relayée par Brut, évoque une cellule infiltrée dans le pays et chargée d’attaquer le destroyer américain USS Gravely, alors stationné à Trinité-et-Tobago dans le cadre d’exercices conjoints avec les forces locales.
Cette révélation intervient alors que la présence américaine dans la région se renforce. D’après L’Express, deux bombardiers B-1B ont survolé la mer des Caraïbes, marquant la troisième démonstration de puissance en moins d’un mois. Au total, sept navires de guerre américains seraient actuellement déployés dans la zone. Caracas y voit un dispositif de pression systématique visant à tester sa défense aéronavale et à nourrir le narratif d’un État menaçant.
Un contexte d’ingérence militaire et politique assumé
Depuis plusieurs années, le pouvoir vénézuélien accuse les États-Unis de financer des opérations clandestines destinées à provoquer un changement de régime. Ces accusations trouvent aujourd’hui un écho dans les dernières déclarations publiques américaines : mi-octobre, Associated Press a révélé que le président américain avait reconnu l’existence d’« opérations secrètes » conduites par la CIA sur le territoire vénézuélien. Cette admission, même prudente, a immédiatement été exploitée par Caracas pour renforcer sa rhétorique anti-impérialiste.
Comme le rappelle Reuters, des experts indépendants de l’ONU ont dénoncé les récentes frappes américaines en mer des Caraïbes comme des « exécutions extrajudiciaires ». Dix frappes auraient été revendiquées depuis début septembre 2025, causant au moins 43 morts parmi les équipages d’embarcations soupçonnées de narcotrafic.
Une cellule de la CIA arrêtée ?
Les autorités vénézuéliennes assurent avoir neutralisé plusieurs membres de la cellule responsable du projet d’attentat présumé. D’après Diosdado Cabello, ministre de l’Intérieur, « au moins quatre » personnes ont été arrêtées, relaye ABC News. Leur mission aurait consisté à s’en prendre au bâtiment américain USS Gravely afin de susciter une escalade régionale. Ces arrestations s’inscrivent dans une série de contre-opérations internes menées depuis le mois de septembre par les services de renseignement du SEBIN, qui affirment avoir intercepté plusieurs communications cryptées liées à des agents américains.
L’affaire intervient dans un climat de tension diplomatique extrême. Le 26 octobre, l’arrivée du USS Gravely à Port-of-Spain a provoqué une crise bilatérale entre Caracas et Trinité-et-Tobago. Delcy Rodríguez, vice-présidente du Venezuela, a accusé le gouvernement trinidadien d’avoir « rejoint l’agenda belliciste des États-Unis ». En réaction, elle a recommandé la suspension des accords énergétiques avec son voisin, rompant un axe de coopération vital pour la région. Les deux pays ne sont séparés que d’environ 11 kilomètres, une proximité géographique qui rend toute manœuvre militaire particulièrement sensible. Les autorités américaines, quant à elles, ont rejeté les accusations d’ingérence, parlant de « théories complotistes » émanant d’un régime « en quête de légitimité ».
Caracas, désormais, mobilise la carte de la légitimité internationale. L’annonce de la cellule démantelée a été transmise à l’ONU et à l’Organisation des États américains (OEA). Le gouvernement entend démontrer que l’ingérence américaine ne se limite plus aux pressions économiques ou diplomatiques, mais s’étend à la sphère militaire, voire au sabotage direct.








