Ils l’appellent « l’enfer liquide » : ce passage marin terrorise même les marins chevronnés

Le passage de Drake, redouté des marins, cache des secrets fascinants et joue un rôle clé dans notre climat.

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Le passage de Drake : entre mythe et réalité
Ils l’appellent « l’enfer liquide » : ce passage marin terrorise même les marins chevronnés © Armees.com

Le passage de Drake est ce couloir maritime que redoutent les navigateurs du monde entier. Il se situe entre la pointe sud de l’Amérique du Sud et la péninsule antarctique occidentale. Réputé pour ses conditions météo extrêmes, il relie les océans Atlantique, Pacifique et Austral sur environ 965 kilomètres. Alors, qu’est-ce qui rend cet endroit à la fois redouté et captivant ? On va vous expliquer ses particularités uniques ainsi que ses effets sur l’écologie et le climat.

Un tronçon d’océan vraiment dangereux

Le passage de Drake est souvent présenté comme l’un des tronçons d’océan les plus périlleux. Les vagues peuvent atteindre jusqu’à 25 mètres – c’est du sérieux ! Les vents puissants, soufflant habituellement d’ouest en est autour de l’Antarctique, se déchaînent dans le passage et créent des conditions météo extrêmes qui lui ont valu le surnom de « Drake Shake » (pour vous dire, ça décoiffe). Sa position géographique joue aussi son rôle en faisant office d’entonnoir.

Dénommé en l’honneur de l’explorateur du XVIe, Sir Francis Drake, ce passage représente un véritable rite initiatique pour ceux qui se lancent en direction de l’Antarctique. La traversée dure généralement environ 48 heures, même si, tant la mer est agitée, on a parfois l’impression que le temps s’allonge à l’infini. Alfred Lansing évoquait ce lieu comme « le morceau d’océan le plus redouté du globe » dans son livre « Endurance: Shackleton’s Incredible Voyage to the Antarctic » (un titre qui en dit long).

Une influence déterminante sur le climat

Malgré ses périls, le passage de Drake joue un rôle déterminant dans la régulation du climat mondial. Ses eaux tumultueuses piègent une quantité considérable de carbone dans les profondeurs de l’océan. Selon les scientifiques, l’ouverture de ce passage, survenue entre 49 millions et 17 millions d’années, a largement favorisé le refroidissement de l’Antarctique et la formation des calottes de glace. En bloquant l’air chaud venant d’Amérique du Sud, il aide à garder l’Antarctique au frais.

Ces processus complexes sont aujourd’hui perturbés par le réchauffement climatique, qui commence à modifier le fonctionnement du passage. Un ralentissement de ces mécanismes pourrait sérieusement modifier la croissance des glaces en Antarctique en raison du changement climatique.

Le brassage constant des eaux dans le passage de Drake entraîne une remontée continue de nutriments depuis les profondeurs vers la surface (ce qui nourrit des écosystèmes marins particulièrement riches). Ces milieux abritent notamment d’importantes populations de krill, véritable festin pour les baleines, les phoques et les manchots. Sans ces dynamiques particulières, l’Antarctique présenterait sans doute moins de glace et un écosystème bien différent.

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