L’armée française cherche toujours à innover et à renforcer son arsenal militaire. Depuis quelques semaines, elle montre un intérêt grandissant pour plusieurs armes fabriquées et développées par la Pologne.
La France fait les yeux doux aux armes polonaises
Il y a quelques semaines, lors du sommet E5 réunissant les ministres de la Défense de la France, de l’Allemagne, de l’Italie, du Royaume-Uni et de la Pologne, Sébastien Lecornu, ministre français des Armées, a laissé entendre un intérêt marqué pour deux équipements militaires polonais : le Piorun, un missile sol-air portable, et le Baobab-K, un véhicule disperseur de mines. Ces deux systèmes ont été identifiés comme des solutions potentielles pour renforcer certaines capacités de l’armée française.
Parmi eux, le Piorun, qui signifie « coup de foudre » en polonais. Ce missile sol-air à très courte portée est conçu pour la défense contre les aéronefs à basse altitude (avions d’attaque au sol, hélicoptères et drones). Développé par Mesko, une entreprise d’armement polonaise, il est entré en service en 2019 et a été massivement utilisé par l’Ukraine contre l’aviation russe depuis 2022. Ses caractéristiques techniques en font un concurrent sérieux face à des missiles équivalents, comme le Mistral français produit par MBDA.
Alors que le Mistral français affiche des performances supérieures (930 m/s, portée de 8 000 m et altitude de 6 000 m), il souffre d’un défaut de mobilité. Tiré depuis un trépied de 22 kg, avec un lanceur additionnel de 20 kg, il est bien plus encombrant que le Piorun, qui peut être épaulé par un unique soldat.
Le Baobab-K : un disperseur de mines qui intrigue Paris
Le Baobab-K est un véhicule militaire polonais spécialisé dans la pose de mines. Conçu pour être monté sur un châssis de camion, il permet de créer un champ de mines en quelques minutes. Il dispose d’une capacité de 600 mines et peut les déployer sur près de 2 kilomètres de distance, sans oublier son fonctionnement automatisé avec cartographie en temps réel.
Le système a démontré son efficacité en Ukraine, où la pose massive de mines a constitué un obstacle majeur aux contre-offensives blindées. L’armée polonaise en a déjà commandé 24 exemplaires pour ses propres besoins.
Historiquement, la France a délaissé les capacités de minage défensif. Signataire de la Convention d’Ottawa, qui interdit les mines antipersonnel, elle s’est concentrée sur le déminage plutôt que sur la pose. Or, la guerre en Ukraine a remis en avant l’intérêt des champs de mines pour freiner l’ennemi et contrôler le terrain.








