Exercice « Strait Thunder-2025 » : les prémices d’un encerclement opérationnel de Taïwan

La Chine intensifie ses exercices « Strait Thunder-2025 » autour de Taïwan, affirmant une stratégie coercitive et exacerbant les tensions avec Taipei.

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China Taiwan August 2022. Editorial style graphic showing the Chinese flag on a map casting a shadow from it's territory over Taiwan and the disputed Taiwanese Strait. | Armees.com

Alors que les tensions entre Pékin et Taipei ne cessent de croître, la Chine a lancé plusieurs séries d’exercices militaires autour de Taïwan, parmi lesquels les manœuvres baptisées « Strait Thunder-2025 », révélées par l’agence officielle chinoise Xinhua le 2 avril 2025. Ces opérations impliquent les forces terrestres, navales, aériennes et de missiles, avec des objectifs clairs : tester les capacités d’intervention interarmées, renforcer la maîtrise du théâtre d’opérations et simuler des frappes de précision sur des infrastructures stratégiques taïwanaises.

Conduits dans les zones centrales et méridionales du détroit de Taïwan, ces exercices visent notamment les environs des îles périphériques contrôlées par Taipei, comme Kinmen, Matsu, Wuqiu et Dongyin. Selon le colonel Shi Yi, porte-parole du commandement Est de l’Armée populaire de libération, les manœuvres simulent des scénarios de blocus maritime, d’interception de cibles mobiles, et de neutralisation de nœuds logistiques critiques.

Ces exercices s’inscrivent dans la continuité d’une stratégie de montée des tensions déjà palpable un an auparavant. Le 23 mai 2024, la chaîne singapourienne Channel News Asia rapportait déjà un cycle d’exercices autour de Taïwan, présenté par Pékin comme une « punition sévère » infligée aux forces indépendantistes, en réponse à l’investiture du président Lai Ching-te. Dans son discours, il avait qualifié la Chine de « force étrangère hostile », une déclaration qui avait suscité une vive réaction de Pékin.

Du côté de Taipei, ces manœuvres militaires ont été qualifiées de provocation et de tentative de déstabilisation. Le ministère taïwanais de la Défense avait dénoncé les exercices du printemps 2024 comme des actes « irrationnels », assurant que l’île disposait des capacités nécessaires pour assurer sa sécurité. À cette occasion, plus de 71 appareils chinois et 13 navires de guerre avaient été détectés dans les zones d’exercice, certains franchissant la ligne médiane du détroit.

Les exercices « Strait Thunder-2025 », menés un an plus tard, semblent donc s’inscrire dans un continuum stratégique, combinant escalade militaire et signaux politiques explicites. L’Armée populaire de libération affine ainsi ses capacités de coercition autour de l’île, tout en intensifiant son discours de dissuasion à destination des nouvelles autorités taïwanaises et de leurs soutiens occidentaux.

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