Satellites : sauvée, Eutelsat veut s’imposer comme un géant européen en matière de défense

Eutelsat reste fragile financièrement, mais l’Europe mise beaucoup dessus. La raison : il s’agit du seul concurrent de Starlink.

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Satellites : sauvée, Eutelsat veut s’imposer comme un géant européen en matière de défense | Armees.com

Dans le secteur de la défense, les satellites jouent un rôle important. Longtemps en difficulté, Eutelsat bénéficie d’un rebond inespéré. Ce concurrent de Starlink intéresse fortement l’Europe.


Les satellites d’Eutelsat, futur de la défense européenne


Le 5 mai 2025 marque un tournant pour Eutelsat. L’opérateur français de satellites de communication, longtemps considéré comme moribond, se retrouve désormais au cœur de la stratégie de défense de l’Union européenne. La nomination de l’ancien directeur d’Orange France, Jean-François Fallacher, à la direction générale s’inscrit dans un contexte financier critique, alors que l’entreprise s’apprête à jouer un rôle central dans le programme souverain Iris².


Qui aurait parié un sou sur Eutelsat après le fiasco de 2023 ? L’acquisition de OneWeb, constellation britannique de 650 satellites en orbite basse, avait vidé les caisses tout en propulsant l’opérateur dans un bras de fer avec l’ogre Starlink d’Elon Musk. Résultat ? Une dette de 2,7 milliards d’euros à la fin de 2024 et une descente aux enfers à la Bourse.


Et pourtant, cette même constellation fait aujourd’hui d’Eutelsat le seul acteur européen capable de rivaliser, timidement, avec Starlink dans le domaine de la connexion à Internet par satellite. OneWeb devient une pièce maîtresse pour l’Union, qui cherche désespérément à réduire sa dépendance aux infrastructures étrangères dans le contexte de conflits hybrides, comme en Ukraine, où 40 000 terminaux doivent être livrés à l’armée.


Jean-François Fallacher aux commandes : quitte ou double à 4 milliards pour Eutelsat


Le 1er juin 2025, Jean-François Fallacher, transfuge d’Orange France, prendra les rênes d’une entreprise en équilibre instable. Sa mission ? Réunir 4,2 milliards d’euros. Rien que ça. Deux milliards pour moderniser OneWeb, dont les satellites sont technologiquement dépassés par ceux de SpaceX, et autant pour financer la part d’Eutelsat dans le projet Iris².


Le plan est clair, mais périlleux : 100 satellites supplémentaires ont déjà été commandés à Airbus, avec une livraison prévue en 2026, mais il en faudra 340 de plus pour constituer une constellation concurrentielle. L’agence Fitch ne s’y trompe pas, abaissant la note d’Eutelsat en mars 2025, pointant une « faible visibilité sur la disponibilité future des financements » et un « environnement de plus en plus concurrentiel ».


Face à ce constat, Eutelsat tente de vendre ses bijoux de famille : fin 2024, la cession de ses infrastructures terrestres à EQT pour 500 millions d’euros offre un sursis, mais ne comble pas le gouffre financier.

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