La défense veut lâcher Starlink pour des satellites européens, voici son remplaçant

Alors que l’Ukraine lutte pour ses communications, Starlink est devenu vital. Mais avec Eutelsat en embuscade, l’avenir des satellites en Europe pourrait changer.

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Starlink et Eutelsat : un enjeu majeur pour les communications en Ukraine
La défense veut lâcher Starlink pour des satellites européens, voici son remplaçant © Armees.com

Depuis le début de l’invasion russe, l’Ukraine a dû innover pour garder ses communications actives. Starlink, le réseau satellite de SpaceX, s’est retrouvé au cœur de cette démarche. Pourtant, avec les nombreux changements sur le plan géopolitique et économique, d’autres acteurs, comme Eutelsat, font leur entrée en proposant des alternatives à explorer.

Le rôle indispensable de Starlink pour l’Ukraine

Les réseaux fixes et mobiles en Ukraine ont pris cher avec tous les dégâts causés par les bombardements russes. Face à tout ça, Starlink s’est révélé indispensable pour que les communications militaires ukrainiennes continuent de fonctionner. En fournissant des dizaines de milliers d’antennes paraboliques équipées de terminaux, Starlink a permis à Kiev de conserver un commandement opérationnel sur le champ de bataille. À un moment, ces services étaient si importants qu’ils servirent même à guider des drones d’attaque, avant que SpaceX ne mette un terme à cette pratique il y a deux ans.

Au départ, SpaceX a soutenu l’Ukraine en voyant le gouvernement américain reprendre le financement des services Starlink. En plus, la Pologne s’est engagée à continuer de payer l’abonnement ukrainien à Starlink.

Eutelsat : une alternative européenne intéressante

Face à la dépendance de plus en plus forte sur Starlink, Eutelsat se présente comme une option européenne à considérer. Depuis sa fusion avec OneWeb en 2023, Eutelsat gère désormais une constellation de satellites en orbite terrestre basse, assurant une couverture mondiale comparable à celle de Starlink. Des discussions sont en cours entre Eutelsat et l’Union européenne pour améliorer les services destinés à l’Ukraine. Déjà impliqué dans les communications gouvernementales ukrainiennes, Eutelsat pourrait bien renforcer encore son rôle sur le terrain.

Sur le plan technique, voici quelques chiffres à retenir :

  • Starlink dispose d’une flotte impressionnante de plus de 7 000 satellites,
  • tandis qu’Eutelsat et OneWeb possèdent 630 satellites OTB et 35 satellites géostationnaires (précision : OTB signifie « en orbite terrestre basse »).
  • Côté débit, Starlink peut atteindre jusqu’à 200 mégabits par seconde, contre 150 mégabits par seconde pour Eutelsat.
  • Les tarifs varient également : un terminal OneWeb coûte jusqu’à 10 000 dollars, alors que celui de Starlink se paye par une somme unique de 589 dollars, auxquels s’ajoute un abonnement mensuel oscillant entre 95 et 440 dollars selon l’utilisation.

Les défis géopolitiques et économiques

Accéder aux services satellitaires ne se résume pas à une simple question technique : c’est aussi une affaire de pouvoir et d’argent. Les négociateurs américains pourraient s’en servir comme monnaie d’échange dans leurs discussions avec Kiev concernant ses ressources minières. Pendant ce temps, le cours de l’action Eutelsat a explosé après une altercation publique entre Volodymyr Zelensky et Donald Trump fin février.

Par ailleurs, les troupes ukrainiennes rencontrent encore des soucis techniques, notamment avec le brouillage des signaux et l’interception des communications sur les lignes de front. La question du financement supplémentaire pour les abonnements ukrainiens à OneWeb reste également en suspens.

La dépendance grandissante aux satellites privés fait de plus en plus parler d’elle. Patrice Caine, PDG du groupe Thales, tire la sonnette d’alarme sur les risques d’une telle situation tout en soulignant qu’il faudrait un contrôle public sur ces infrastructures. Il rappelle d’ailleurs que « les gouvernements veulent être maîtres de leurs communications » et met en garde quant à l’association entre logique économique et motivations politiques, ce qui peut inquiéter certains clients.

Dans cette optique, le projet Iris² vise à créer un réseau satellitaire entièrement européen qui réponde aux besoins des gouvernements du Vieux Continent.

3 réflexions au sujet de “La défense veut lâcher Starlink pour des satellites européens, voici son remplaçant”

  1. Les antennes Starlink n ont jamais été « paraboliques ». Merci d être plus précis et correct. Surtout pour un site de votre envergure.

  2. c’est pas un peu tard pour s’en rendre compte ? et les avions que l’on débranche à distance 🙂

  3. Antennes Starlink : Antenne parabolique plate, un dispositif technique équipé d’un réflecteur permettant de capter, concentrer et focaliser les signaux provenant d’un satellite…

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