Le 3 mars 2026, à Washington, Donald Trump a publiquement menacé l’Espagne d’une rupture commerciale totale avec les États-Unis. Cette déclaration intervient après que l’Espagne a refusé à l’aviation américaine l’accès à certaines bases militaires situées sur son territoire pour des opérations liées à la guerre contre l’Iran. Dès lors, la décision espagnole déclenche une crise diplomatique et stratégique majeure entre l’Espagne et les États-Unis, tandis que l’Union européenne s’organise déjà pour défendre les intérêts économiques et politiques de l’Espagne.
Donald Trump menace de couper tout commerce avec l’Espagne
La crise débuta lorsque l’Espagne refusa officiellement que l’aviation américaine utilise certaines bases militaires installées sur son territoire. En effet, l’Espagne a interdit l’utilisation des bases de Rota et de Morón, situées dans le sud du pays, pour des opérations militaires dirigées contre l’Iran. Or ces bases constituent des installations stratégiques pour l’aviation américaine en Europe.
Très rapidement, Donald Trump a publiquement menacé l’Espagne d’une rupture économique totale : « Nous allons cesser tout commerce avec l’Espagne. Nous ne voulons plus rien avoir à faire avec l’Espagne », rapporte Boursorama. Dans la même intervention, Donald Trump a accusé l’Espagne d’être « terrible et très, très peu coopérative », relève Reuters.
Entre bases militaires refusées par l’Espagne et tension stratégique
La décision de l’Espagne repose avant tout sur des considérations juridiques et stratégiques. En effet, les autorités espagnoles ont rappelé que les bases militaires américaines situées à Rota et Morón restent sous souveraineté espagnole, Madrid conserve donc un droit de veto sur leur utilisation. Le ministre espagnol des Affaires étrangères José Manuel Albares a affirmé que ces installations ne pouvaient être utilisées que dans le cadre des accords bilatéraux existants et du droit international : « Les bases espagnoles ne sont pas utilisées pour cette opération et elles ne seront pas utilisées pour quoi que ce soit qui ne soit pas prévu par l’accord avec les États-Unis ou conforme à la Charte des Nations unies », rapporte Reuters.
Dans les faits, la décision espagnole a eu des conséquences militaires immédiates. Après le refus de Madrid, plusieurs aéronefs américains ont quitté les installations militaires du pays. Au moins 15 appareils militaires ont été redéployés depuis les bases de Rota et Morón. Parmi eux, neuf ravitailleurs ont quitté la base de Morón pour rejoindre l’Allemagne, tandis que plusieurs autres appareils ont été observés quittant Rota, notamment vers le sud de la France.
L’Union européenne soutient Madrid face à Donald Trump
Face à la menace commerciale américaine visant l’Espagne, l’Union européenne a rapidement réagi : Bruxelles rappelle en effet que la politique commerciale ne relève pas des États membres individuellement, mais bien de l’Union européenne dans son ensemble. Or cette règle concerne les 27 pays membres de l’Union européenne, ce qui signifie que toute décision commerciale concernant l’Espagne implique potentiellement l’ensemble du bloc européen.
La Commission européenne a exprimé un soutien clair à l’Espagne. Le porte-parole chargé du commerce, Olof Gill, a assuré que Bruxelles se tenait prête à défendre les intérêts européens. « La Commission veillera à ce que les intérêts de l’Union européenne soient pleinement protégés. Nous sommes en totale solidarité avec tous les États membres et prêts à agir si nécessaire », a-t-il déclaré, selon The Guardian. Cette prise de position confirme que toute escalade commerciale entre Washington et l’Espagne pourrait rapidement devenir un conflit économique entre les États-Unis et l’ensemble de l’Union européenne.
Dans ce contexte, le gouvernement espagnol maintient sa ligne politique. Le Premier ministre Pedro Sánchez a affirmé que l’Espagne refusait d’être impliquée dans une escalade militaire liée au conflit iranien. « Nous ne serons pas complices de quelque chose qui est mauvais pour le monde », a déclaré Pedro Sánchez, selon Le Parisien. Par ailleurs, le chef du gouvernement espagnol insiste sur le fait que l’Espagne agit dans le respect du droit international et des accords internationaux existants.








