« Éos » : les chercheurs ont enfin trouvé cet énorme nuage cosmique

Découvrez Éos, le nuage moléculaire géant à seulement 300 années-lumière de nous.

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"Éos" : les chercheurs ont enfin trouvé cet énorme nuage cosmique
« Éos » : les chercheurs ont enfin trouvé cet énorme nuage cosmique © Armees.com

Une découverte en astronomie vient de mettre en lumière un énorme nuage moléculaire baptisé Éos, d’après la déesse grecque de l’aube. Bien qu’on ne puisse pas le voir à l’œil nu, cette nébuleuse reste un phénomène fascinant qui pourrait bien modifier notre façon de voir la formation des étoiles et même celle de notre structure complexe du Système Solaire. Situé à seulement 300 années-lumière de la Terre, Éos est non seulement le nuage moléculaire le plus proche jamais enregistré, mais aussi l’un des plus imposants, avec une taille 40 fois supérieure à celle de la Lune et une masse 3 400 fois supérieure à celle du Soleil.

La trouvaille d’Éos

La révélation de ce nuage a été publiée dans une étude récente parue dans Nature Astronomy. Cette recherche est le fruit d’une collaboration internationale pilotée par Blakesley Burkhart de l’Université Rutgers-New Brunswick. On y trouve également le nom de Thomas Haworth, astrophysicien à la Queen Mary University de Londres, qui ne tarit pas d’éloges sur la proximité d’Éos. Il a même lancé : « Cette chose était presque dans notre jardin cosmique, et nous l’avons simplement ratée ». L’étude insiste en outre sur le fait qu’il s’agit de la première identification d’un nuage moléculaire grâce à l’émission directe d’hydrogène moléculaire dans l’ultraviolet lointain.

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Caractéristiques et localisation sur le radar

Éos se démarque par sa composition singulière. Contrairement aux nuages moléculaires habituels bourrés de monoxyde de carbone, celui-ci en contient très peu, rendant ainsi sa détection par les méthodes habituelles assez galère. Il se trouve dans la Bulle locale, une cavité contenant de la matière chaude, ce qui est entouré d’une enveloppe de gaz et de poussières créés par plusieurs supernovæ (explosions d’étoiles très énergétiques). Ce cadre en fait un objet d’étude de choix pour comprendre comment se forment et se délitent les nuages moléculaires au fil du temps, tout comme les éruptions cosmiques observées dans d’autres régions de l’univers.

Une technique de détection inédite

La mise en lumière d’Éos a été rendue possible grâce aux données récoltées en 2023 par un spectrographe ultraviolet installé sur le satellite coréen STSAT-1. L’instrument, appelé FIMS-SPEAR, permet de découper la lumière ultraviolette en plusieurs longueurs d’onde, ce qui met en évidence les molécules d’hydrogène sous forme fluorescente (une manière originale de « voir » ces molécules). Comme l’a expliqué Thomas Haworth : « Nous cherchons normalement du monoxyde de carbone… La seule raison pour laquelle nous avons réussi à l’attraper cette fois-ci est que nous avons pu regarder avec une couleur de lumière différente. ».

L’intérêt scientifique et les perspectives d’avenir

L’étude d’Éos ouvre la voie à une meilleure compréhension des mécanismes qui mènent à la formation des étoiles et des systèmes solaires. Les nuages moléculaires comme Éos sont de véritables terrains d’observation pour ces processus, tout comme les systèmes planétaires récemment découverts. Blakesley Burkhart a expliqué que cette découverte permet désormais de mesurer directement comment ces structures se créent et se délitent.

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