L’univers ne cesse de nous étonner avec ses mystères et ses surprises. Dernièrement, les astronomes ont confirmé la présence de quatre petites exoplanètes en orbite autour de l’étoile de Barnard, qui se trouve à seulement 6 années-lumière de la Terre. Ce système, le deuxième plus proche après Alpha du Centaure, intéresse particulièrement les chercheurs et les amateurs d’astronomie.
Un passé pas comme les autres
L’étoile de Barnard est connue pour sa rapidité dans le ciel. Découverte en 1916 par Edward Emerson Barnard, cette naine M ne représente que 0,16 masse solaire et a de quoi alimenter bien des débats depuis longtemps. Dans les années 1970, elle a été étudiée dans le cadre du projet Daedalus de la British Interplanetary Society. En 1963, Peter van de Kamp avait affirmé avoir détecté une exoplanète autour d’elle, mais ses conclusions furent remises en question dans les années 1970. Plus récemment, en 2021, l’existence d’une superTerre avait été évoquée, avant d’être finalement réfutée.
Des planètes pleines de surprises
Les quatre exoplanètes découvertes sont toutes plus petites que Mars, avec une masse estimée entre 20 et 30 % de celle de la Terre. Elles tournent très près de leur étoile, réalisant une orbite en 10 à 42 jours (c’est-à-dire qu’elles se déplacent super vite autour de Barnard). Ces conditions de proximité impliquent des températures élevées, rendant la présence d’eau liquide très improbable. Aucune ne se situe dans la zone habitable, même si l’hypothèse d’autres planètes encore plus petites n’est pas exclue.
La tech qui fait la diff’
Pour mettre au jour ces exoplanètes, les astronomes ont déployé plusieurs techniques sophistiquées, qu’on peut classer en méthodes directes et indirectes. On retrouve notamment :
- l’imagerie directe,
- la méthode du transit (suivi des passages devant l’étoile),
- et la technique des vitesses radiales (mesure des légères oscillations de l’étoile).
L’instrument MAROON-X, installé sur le télescope Gemini, a été indispensable pour confirmer trois candidates, et l’instrument ESPRESSO au Chili a permis de valider la quatrième. Ces résultats reposent sur une analyse minutieuse de données collectées pendant 112 nuits sur trois ans.
Des observatoires de renom et des progrès techniques
Le NSF NOIRLab supervise plusieurs observatoires prestigieux, comme l’Observatoire Vera-C.-Rubin et l’observatoire Gemini, qui dispose de deux télescopes impressionnants de huit mètres chacun. MAROON-X s’est fait remarquer grâce à sa capacité à détecter des planètes de faible masse en mesurant avec précision les minuscules oscillations lumineuses de l’étoile.
Ce qui change et ce qui nous attend
Ces découvertes représentent un véritable bond en avant pour la détection des petites planètes rocheuses et enrichissent notre connaissance des systèmes planétaires autour des naines rouges, comme l’étoile de Barnard. Les naines M pourraient jouer un rôle particulier dans le développement des planètes en raison de leur forte activité magnétique. Pour l’heure, aucune de ces planètes ne présente des conditions propices à la présence d’eau liquide.
Les prochaines observations, notamment avec le télescope spatial James Webb, devraient nous apporter encore plus de détails sur ces mondes fascinants et peut-être révéler la présence d’une atmosphère épaisse. Comme le souligne Ritvik Basant, doctorant à l’université de Chicago : « C’est une découverte vraiment passionnante : l’étoile de Barnard est notre voisine cosmique, et pourtant nous en savons si peu à son sujet ». Jacob Bean ajoute : « C’était comme, soudainement nous savons quelque chose que personne d’autre ne sait sur l’univers. »








