Economie de guerre : un colloque pour davantage de simplification

Jean Baptiste Le Roux
Par Jean-Baptiste Leroux Publié le 24 mai 2024 à 15h23
Sébastien Lecornu sur l'économie de guerre Ministère des Armées

La France a choisi d'accélérer son économie de guerre pour répondre aux défis contemporains. Un récent colloque en présentait les efforts de simplification des procédures ainsi que l'amélioration de la production de matériels militaires.

Une accélération de l'économie de guerre en France

Le colloque "enjeux opérationnels et défis industriels de défense" s'est tenu le 21 mai à l'École militaire. Organisé par la Direction générale de l'armement (DGA) et l'État-major des armées (EMA), cet événement a rassemblé les principaux acteurs de la défense pour faire le point sur l'économie de guerre lancée il y a deux ans par le Président de la République.

L'amiral Pierre Vandier, major général des armées, a ouvert le colloque en comparant la situation actuelle à celle de 1914. À l'époque, un jeune ingénieur français, inspiré par le fordisme, a permis la création d'une usine produisant des obus à une cadence jamais vue. Aujourd'hui, bien que la France ne soit pas en guerre, elle doit répondre à un écart similaire entre les besoins et la capacité de production de matériels militaires. L'objectif : moderniser et optimiser la production pour répondre aux défis stratégiques actuels.

Une simplification des procédures et la priorisation des stocks

Le ministère des Armées se concentre sur la simplification des relations avec les industriels pour accélérer la production de matériels. Une enquête lancée en 2023 par la DGA auprès des entreprises a recueilli des propositions pour fluidifier les processus administratifs. Emmanuel Charpy (DGA) et le colonel Hervé Mermod (EMA) ont présenté la Force d'acquisition réactive (FAR), un nouvel outil permettant de réduire les délais d'acquisition des matériels. Depuis sa création, la FAR a accéléré quinze dossiers, montrant une efficacité prometteuse.

Le ministre des Armées, Sébastien Lecornu, a souligné l'importance de cette dynamique. Pour lui, l'économie de guerre ne doit pas être vue comme une simple mode ou une parenthèse, mais comme une transformation durable. La nécessité de réactivité et de fluidité entre les producteurs et les utilisateurs de matériels militaires est cruciale dans le contexte stratégique actuel. Le ministre a demandé au délégué général pour l'armement, Emmanuel Chiva, de proposer d'ici septembre un « choc de simplification » pour les nouveaux programmes, afin de limiter les processus qui ralentissent souvent le développement des projets.

Les défis et les perspectives pour les industriels de la Défense

Le colloque a également abordé des sujets critiques comme les financements aux entreprises de défense et le changement culturel nécessaire pour encourager la prise de risque. Sébastien Lecornu a noté que la prise de risque ne se décrète pas, mais se construit dans la durée. Il a encouragé les équipes du ministère à poursuivre leur travail en vue d'atteindre ces objectifs ambitieux. L'optimisation des financements et l'amélioration des processus internes sont des chantiers clés pour assurer la compétitivité des industries de défense françaises.

La réaction positive des participants au colloque témoigne de l'adhésion à ces nouvelles perspectives d'amélioration. La volonté d'adapter les procédures et de soutenir les entrepreneurs de la défense montre un engagement fort pour maintenir la France à la pointe de l'innovation militaire. L'accent mis sur la simplification et l'efficacité est crucial pour répondre aux enjeux actuels et futurs de la défense nationale.

Jean Baptiste Le Roux

Jean-Baptiste Le Roux est journaliste. Il travaille également pour Radio Notre Dame, en charge du site web. Il a travaillé pour Jalons, Causeur et Valeurs Actuelles avec Basile de Koch avant de rejoindre Economie Matin, à sa création, en mai 2012. Il est diplômé de l'Institut européen de journalisme (IEJ) et membre de l'Association des Journalistes de Défense. Il publie de temps en temps dans la presse économique spécialisée.