Donald Trump a exigé que la Corée du Sud verse 10 milliards de dollars par an pour financer le stationnement des 28.500 soldats américains sur son territoire. Lors d’une réunion gouvernementale le 9 juillet 2026, le président américain a déclaré : « Nous avons reconstruit la Corée du Sud. Nous sommes restés là-bas et ils nous paient très peu pour l’armée. » Cette demande marque un durcissement spectaculaire par rapport à l’accord actuel, qui prévoit une contribution sud-coréenne de 1,11 milliard de dollars en 2026 selon l’Accord des mesures spéciales (SMA) 2026-2030. Donald Trump réclame donc près de dix fois le montant actuel.
Le président américain justifie sa position par une logique transactionnelle : « Nous fournissons des militaires à beaucoup de pays qui ont très réussi. Je veux dire que la Corée du Sud gagne beaucoup d’argent et ils le font bien. Mais elle doit payer pour sa défense. » Donald Trump affirme avoir déjà obtenu une augmentation de 3 milliards de dollars lors de son premier mandat (2017-2021), après avoir initialement réclamé ces mêmes 10 milliards : « Je pense qu’elle doit nous payer 10 milliards de dollars par an. Et elle s’est fâchée, mais elle était d’accord pour augmenter de trois milliards de dollars, alors j’ai gagné trois milliards sur un coup de fil. » Cette revendication financière s’inscrit dans sa stratégie de renégociation des alliances militaires américaines.
La réduction annoncée des exercices militaires
Ulchi Freedom Shield 2026 : une réduction « considérable »
Le 16 août 2026, Donald Trump a annoncé sur Truth Social une réduction « considérable » de la participation américaine aux exercices militaires annuels Ulchi Freedom Shield avec la Corée du Sud. Cette décision intervient alors que ces manœuvres, lancées le 18 août 2026, constituent un pilier de la dissuasion régionale face à Pyongyang. Trump qualifie ces exercices de « coûteux » et « hostiles » envers la Corée du Nord, remettant en cause leur pertinence opérationnelle. La réduction affecte directement la capacité de réactivité conjointe des forces américano-sud-coréennes, entraînées depuis des décennies à coordonner leurs actions face à une agression potentielle du Nord.
Effectifs et durée des manœuvres : 18.000 militaires sud-coréens sur 11 jours
Les exercices Ulchi Freedom Shield 2026 mobilisent 18.000 militaires sud-coréens sur une période de 11 jours. Ces manœuvres simulent des scénarios de défense contre une invasion nord-coréenne et testent la coordination opérationnelle entre les états-majors de Séoul et de Washington. Séoul a affirmé que les manœuvres ont débuté « comme prévu » malgré les déclarations présidentielles, mais l’ampleur de la participation américaine reste incertaine. La réduction annoncée par Donald Trump compromet la standardisation des procédures tactiques, essentielles en cas de crise. Sans entraînement régulier à grande échelle, la capacité à déployer rapidement des renforts ou à synchroniser les frappes aériennes et terrestres se dégrade.
La justification de Trump : la relation avec Kim Jong-un
Coûts et caractère « hostile » des exercices : la rhétorique présidentielle
Trump justifie sa décision par sa « très bonne relation » avec le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un. Il considère que les exercices militaires annuels nuisent à ce rapprochement personnel et envoient un signal d’hostilité à Pyongyang. Le président américain privilégie une diplomatie bilatérale directe, fondée sur des échanges personnels avec Kim, au détriment de la posture de défense collective traditionnelle. Interrogé sur cette stratégie, Trump a également reproché à la Corée du Sud de ne pas avoir soutenu les opérations militaires américaines face à l’Iran, ajoutant une dimension transactionnelle à ses griefs.








