Des chercheurs ont voulu donner un sens aux présences fantomatiques, ils ont trouvé quelque chose de bien plus terrifiant

Un simple son inaudible suffirait-il à faire naître une présence fantomatique ? Des chercheurs canadiens révèlent comment 18 hertz modifient votre corps et votre perception, sans que vous l’entendiez jamais.

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Des chercheurs ont voulu donner un sens aux présences fantomatiques, ils ont trouvé quelque chose de bien plus terrifiant
Des chercheurs ont voulu donner un sens aux présences fantomatiques, ils ont trouvé quelque chose de bien plus terrifiant © Armees.com

Des chercheurs de l’université MacEwan, au Canada, ont mesuré une hausse du taux de cortisol salivaire chez des volontaires exposés à des infrasons de 18 hertz, une fréquence inaudible à l’oreille humaine. L’expérience a réuni une quarantaine de participants, assis dans une pièce où de la musique était diffusée sans qu’ils sachent que des sons de très basse fréquence y étaient mêlés.

Publiés dans la revue Frontiers in Behavioral Neuroscience, ces travaux interrogent une question ancienne : les sensations de présence rapportées dans certaines maisons réputées hantées pourraient-elles s’expliquer par la perception inconsciente de ces sons imperceptibles, plutôt que par un phénomène paranormal ?

Les infrasons, définis comme des sons inférieurs à 20 Hz, sont naturellement produits par les orages, le trafic routier dense ou les machines industrielles. Certains animaux communiquent par ce biais, d’autres les évitent ; restait à savoir si l’être humain pouvait, lui aussi, les percevoir sans les entendre consciemment.

Une irritabilité accrue et une musique perçue plus triste

Les volontaires écoutaient tour à tour une musique apaisante et une musique inquiétante. Sous infrason, ils se sont déclarés plus irritables et ont jugé la même musique nettement plus triste qu’en son absence.

Selon les chercheurs, l’exposition aux infrasons aurait affecté ces deux paramètres, cortisol et irritabilité, au-delà de leur corrélation habituelle. Les auteurs en concluent que l’être humain pourrait percevoir les infrasons de manière inconsciente, à travers des réactions physiologiques plutôt que par l’audition.

Des légendes anciennes, un précédent resté célèbre en 1998

Les récits de maisons hantées se retrouvent aussi bien dans les manoirs de la campagne française que dans les châteaux britanniques centenaires ou les demeures historiques nord-américaines. En France, le Château de Brissac, dans l’ouest du pays, serait hanté par Charlotte de Valois, assassinée au XVe siècle ; le Château de Fougeret serait lui aussi un foyer de phénomènes inexpliqués.

L’ingénieur britannique Vic Tandy, décédé, avait vécu une expérience comparable dès 1998, dans un laboratoire réputé hanté : anxiété, sentiment d’une présence toute proche, silhouette grise et floue aperçue du coin de l’œil. La cause identifiée à l’époque était un infrason généré par l’équipement du laboratoire. Dans nombre d’émissions télévisées de chasse aux fantômes, la cause pourrait tout aussi bien être une chaudière défaillante.

Les chercheurs eux-mêmes appellent à la prudence : il faudra reproduire l’expérience sur un échantillon plus large et plus diversifié, et tester une gamme de fréquences plus étendue, avant de tirer des conclusions définitives. Ils présentent ces résultats comme une première étape vers la démystification scientifique de phénomènes dits paranormaux.

Une exposition prolongée aux infrasons pourrait aussi concerner la santé publique : une hausse ponctuelle de cortisol aide à gérer le stress à court terme, mais une exposition excessive et durable est associée à divers troubles et à une dégradation du bien-être mental.

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