Égypte : Un citoyen remarque une pierre gravée, des fouilles mettent au jour deux statues royales dont une de Ramsès II

Un simple bloc de pierre devant une maison, et voilà un village égyptien propulsé au cœur d’une découverte archéologique majeure. Têtes royales, hiéroglyphes mystérieux : que révèlent vraiment ces statues sur Ramsès II ?

Publié le
Lecture : 2 min
Égypte : Un citoyen remarque une pierre gravée, des fouilles mettent au jour deux statues royales dont une de Ramsès II
Égypte : Un citoyen remarque une pierre gravée, des fouilles mettent au jour deux statues royales dont une de Ramsès II © Armees.com

Des fouilles archéologiques d’urgence menées à Behbeit el-Hagar, dans le gouvernorat de Gharbia, au cœur du delta du Nil, ont mis au jour deux statues royales fragmentaires et un bloc de granite rose gravé de hiéroglyphes. Le ministère égyptien du Tourisme et des Antiquités a annoncé la découverte, précisant que l’une des deux statues représente Ramsès II.

Tout est parti d’un geste ordinaire. Un habitant du village travaillait sur un terrain lui appartenant, devant sa maison, lorsqu’il est tombé sur un bloc de pierre gravé. Il a signalé sa trouvaille aux archéologues, raconte le 20 Minutes. Une inspection initiale a confirmé l’importance du site, et l’inspectorat compétent a lancé les procédures légales nécessaires avant de former une équipe spécialisée issue du Conseil suprême des antiquités pour mener les fouilles.

Une tête de 1,60 mètre et un pilier gravé du nom d’Horus

Les archéologues ont d’abord dégagé une tête de statue haute d’environ 1,60 mètre, coiffée de la double couronne de Haute et Basse-Égypte. Un fragment de la partie supérieure du pilier dorsal, portant le nom d’Horus du roi, « Horus Ka Nakht Mery Maat », a également été découvert. Selon Hisham El-Leithy, secrétaire général du Conseil suprême des antiquités, les proportions de la tête laissent penser que la statue complète, base comprise, était d’origine imposante.

Un peu plus loin, le corps principal d’une seconde statue royale a été exhumé : 2,40 mètres de long, privé de ses jambes et de sa base. Le souverain y porte le némès, la coiffe royale traditionnelle, dont la partie supérieure manque. Les traits du visage, bien conservés, rappellent ceux de la première statue. Les chercheurs l’attribuent donc, par hypothèse, à Ramsès II également.

À environ un mètre au nord de cette seconde statue, l’équipe a repéré un bloc de granite rose de 1,30 mètre de long. Les hiéroglyphes qui y subsistent conservent deux titres royaux du pharaon : « Nesu Bity » (roi de Haute et Basse-Égypte) et « Sa Ra » (fils de Rê).

Un site déjà connu pour son temple dédié à Isis

Behbeit el-Hagar est un site archéologique important du delta égyptien, surtout connu pour les vestiges d’un grand temple consacré à la déesse Isis. De nombreux éléments architecturaux en granite, déjà recensés sur place, témoignent de son rôle religieux et monumental dans l’Égypte antique. Les fouilles et les études vont se poursuivre afin de clarifier la relation entre les objets découverts et de reconstituer l’histoire architecturale de la zone.

Le ministre du Tourisme et des Antiquités, Sherif Fathy, a souligné l’intérêt de cette découverte pour la compréhension de l’histoire du site. Il a aussi remercié l’habitant à l’origine du signalement, mettant en avant le rôle du public dans la préservation du patrimoine culturel.

Ramsès II, troisième pharaon de la 19e dynastie, a régné de 1279 à 1213 avant notre ère. Sa momie est conservée au Musée national de la civilisation égyptienne, au Caire.

Laisser un commentaire

Share to...