En mai 2025, une étude de l’IISS a ravivé le débat sur la sécurité européenne. En chiffrant à environ 1 000 milliards de dollars le coût de substitution des États-Unis, l’Institut souligne l’ampleur des moyens militaires, humains et technologiques actuellement fournis par Washington pour la protection du continent. Cette perspective questionne directement l’avenir de la défense en Europe.
Une dépendance stratégique difficile à combler
Les États-Unis fournissent aujourd’hui des moyens essentiels de commandement, de renseignement, de ravitaillement aérien et de projection rapide. L’IISS avertit que ces fonctions « ne peuvent être développées rapidement » en Europe. La construction d’une telle autonomie nécessiterait des décennies et un effort budgétaire colossal.
Dans son article, BFMTV souligne que remplacer les moyens américains équivaudrait à financer des dizaines de brigades supplémentaires, des milliers de blindés et une flotte aérienne renforcée. Ces besoins témoignent d’une dépendance structurelle, enracinée depuis plus de 70 ans. L’Europe n’est pas prête à assumer seule sa propre protection.
Une remise en cause de l’équilibre transatlantique
Le rapport de l’IISS rappelle enfin que cette hypothèse repose sur un scénario : un cessez-le-feu en Ukraine à la mi-2025. Même avec une telle accalmie, l’arrêt du soutien militaire américain bouleverserait l’équilibre sécuritaire. Sans les États-Unis, l’OTAN verrait ses capacités opérationnelles diminuer drastiquement.
Cette perspective alimente une réflexion plus large sur l’autonomie stratégique européenne. Plusieurs analystes notent que, faute d’investissements massifs, la dépendance envers Washington perdurerait. Pourtant, la facture d’un retrait, évaluée à environ 1 000 milliards de dollars, place désormais la question au cœur des débats politiques et budgétaires.








