La décision récente du Pentagone de mettre en pause l’envoi de certaines munitions indispensables à l’Ukraine soulève beaucoup de questions sur la suite du conflit avec la Russie. Cette mesure, annoncée par Elbridge Colby, responsable de la politique du Pentagone, intervient alors que les forces ukrainiennes subissent des attaques aériennes russes d’une intensité jamais vue depuis le début des hostilités il y a trois ans. La suspension concerne notamment des munitions destinées à la défense aérienne ainsi que des munitions de précision.
Une décision prise en pleine crise
La retenue d’une partie de l’aide militaire à l’Ukraine date du début du mois de juin, sous l’administration Biden, soulevant des interrogations sur les transferts d’équipements militaires. Ce choix intervient alors que l’Ukraine fait face à certaines des attaques russes les plus énergiques, avec des missiles et des drones visant surtout Kyiv et d’autres zones peuplées. La Maison Blanche, bien que sollicitée pour réagir, n’a pas donné de réponse officielle. Néanmoins, Anna Kelly, sous-secrétaire de presse adjointe, a précisé que cette décision visait à « mettre les intérêts de l’Amérique en premier ».
De son côté, la Russie a intensifié ses attaques aériennes contre l’Ukraine. Lors de sa plus importante offensive aérienne enregistrée à ce jour, 477 drones et leurres ainsi que 60 missiles ont été lancés. Parmi ces engins, 249 ont été interceptés par les défenses ukrainiennes, tandis que 226 auraient été neutralisés grâce à des brouillages électroniques.
Répercussions diplomatiques et militaires
Sur le plan diplomatique, le président ukrainien Volodymyr Zelenskyy a récemment eu une rencontre avec Donald Trump lors du sommet de l’OTAN aux Pays-Bas. À l’issue de cette rencontre, le président américain s’est montré plus favorable à la situation ukrainienne et n’a pas exclu la possibilité d’envoyer davantage de systèmes Patriot, malgré la suspension actuelle décidée par le Pentagone.
De son côté, le Pentagone a revu sa gestion des stocks en les classant en catégories prioritaires. Des préoccupations ont également été exprimées concernant l’utilisation excessive des munitions au Yémen. En effet, un mémo devait être remis au secrétaire à la Défense Pete Hegseth pour geler certaines munitions particulièrement demandées.
La dépendance de l’Ukraine envers les États-Unis
L’Ukraine compte beaucoup sur les États-Unis pour se fournir en munitions, même si l’Union européenne tente de pallier ce manque. Parmi les armes à l’arrêt figure le missile anti-char Hellfire AGM-114R. Ce missile est réputé pouvoir détruire n’importe quel char.
Les documents budgétaires révèlent aussi une augmentation marquée des demandes d’intercepteurs Patriot MSE par l’armée américaine. Toutefois, même avec un financement renforcé, il faudra du temps pour augmenter la production.
L’avenir et les alternatives en Europe
Avec la suspension des livraisons américaines, les capacités défensives ukrainiennes en défense anti-aérienne se trouvent amoindries. Les industriels européens pourraient être amenés à combler ce vide, mais ils se heurtent à des limites de production et des délais importants. Le développement du missile Akeron LP par MBDA pourrait alors représenter une alternative européenne au Hellfire.







