Robert Hopkins, pilote vétéran de l’US Air Force, a décrit dans un entretien accordé à TWZ un mur translucide, blanc laiteux, se déplaçant depuis la gauche, au-dessus de l’URSS, vers la droite, en direction de l’océan Pacifique Nord. C’est ainsi qu’il a décrit le phénomène observé lors de deux missions de surveillance de missiles soviétiques, en 1988, en pleine guerre froide.
Selon son récit, la lumière couvrait tout le ciel, du sol jusqu’aux limites visibles depuis les fenêtres avant de l’avion. Elle se déplaçait plus vite que le trafic aérien croisé, a rapidement traversé la trajectoire de vol de l’appareil, puis a continué vers l’est, laissant place à un ciel nocturne vide et sombre.
La première rencontre remonte à la fin de l’année 1988, probablement en octobre ou novembre. L’équipage de Hopkins volait à bord d’un RC-135S Cobra Ball à l’est de la péninsule du Kamtchatka, en train de surveiller le lancement d’un missile SS-20 Saber en direction du site d’essai de Kura, à Klyuchi.
Les pilotes s’apprêtaient à recueillir des données sur les trois véhicules de rentrée du missile quand le mur de lumière est apparu. Hopkins et son copilote ont d’abord pensé à une aurore boréale inhabituelle.
Une vitesse estimée à 6 200 mph, sans mesure directe
Cette hypothèse a perdu de sa crédibilité après une seconde rencontre, lors d’une autre mission liée à un lancement de SS-20. Le phénomène a alors débuté près du site de lancement avant de s’étendre vers l’extérieur à grande vitesse. C’est à ce moment qu’il a attiré l’attention officielle et reçu son surnom : le « Dome of Light ».
Un calcul approximatif, fondé sur le temps de trajet du missile entre son lancement et Klyuchi, a permis d’estimer la vitesse d’expansion apparente à environ 6 200 mph, soit près de 10 000 kilomètres par heure. Ce chiffre reste une estimation, non une mesure directe.
Le lancement observé s’inscrivait dans le cadre du traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire signé en 1987 entre Washington et Moscou, qui autorisait la destruction de munitions désormais illégales par tir vers des sites d’impact connus.
Des scientifiques de la Foreign Technology Division de l’US Air Force, basée à la base aérienne de Wright-Patterson dans l’Ohio, ont examiné plusieurs pistes sans jamais trancher. La première évoquait le carburant du premier étage du SS-20, susceptible de produire un tel effet lumineux. La seconde envisageait un équipement lié au missile ou au lanceur, capable de générer un flash ou une impulsion destinés à brouiller les systèmes américains d’alerte antimissile ou les ogives entrantes.
Les lancements de SS-20 sont devenus une priorité de collecte pour la division, qui a organisé une mission au-dessus de la mer d’Okhotsk pour observer le phénomène depuis l’arrière de son expansion. Selon Hopkins, cet effort n’a produit aucun résultat significatif. La Foreign Technology Division n’a jamais déterminé la cause du phénomène, ni son éventuel objectif.
D’autres explications ont circulé sans être confirmées. Le média Historic Mysteries a évoqué des nuages de matériau ionisé, créés par du carburant de fusée relâché lors d’expériences dans la haute atmosphère, tout en relevant des différences avec les expériences d’ionisation connues.
Une autre hypothèse voit dans le Dome of Light une contre-mesure destinée à aveugler ou perturber les systèmes américains observant les lancements soviétiques. Le média TWZ a indiqué que les enquêteurs avaient aussi envisagé qu’un système externe lié au SS-20 puisse temporairement interférer avec les satellites d’alerte précoce ou avec les ogives en approche.
Le RC-135S Cobra Ball qui a permis ces observations est, selon l’US Air Force, une plateforme de reconnaissance rapidement déployable, chargée de collecter des données optiques et électroniques sur des cibles balistiques pour appuyer la vérification des traités d’armement. Aucun des documents examinés par Hopkins n’a produit d’explication officielle.








