L’idée d’un partenariat entre la Russie et la Chine pour concevoir un bombardier furtif capable de rivaliser avec les États‑Unis est intéressante. Elle suscite autant de scepticisme que d’intérêt. Le développement d’un tel appareil exige de franchir des barrières techniques et politiques importantes, ce qui rend sa matérialisation peu vraisemblable selon des analyses récentes.
Où en sont le H-20 et le PAK-DA ?
La Chine travaille sur le H-20, un bombardier furtif qui devrait renforcer sa capacité à mener des missions longue portée. Mais ce programme accuse des retards liés à des problèmes techniques, notamment le développement d’un moteur suffisamment puissant. Selon le National Security Journal, la mise en œuvre des technologies furtives et l’amélioration de l’autonomie sont des défis majeurs pour les ingénieurs chinois.
De son côté, la Russie développe le PAK-DA, mais elle fait face à des problèmes techniques importants, soulignant une dépendance envers la technologie chinoise dans d’autres domaines militaires. Comme pour le H-20, le PAK-DA fait face à des problèmes techniques importants : moteurs et système avionique encore immatures, difficultés pour développer un revêtement furtif performant. Les sanctions internationales limitent la disponibilité de certaines pièces indispensables, ce qui complique encore le chantier. Par ailleurs, les priorités actuelles du gouvernement russe semblent se tourner davantage vers la production de chars et de véhicules blindés, selon le média 19FortyFive.
Sur le papier, une coopération Pékin, Moscou peut paraître logique, mais plusieurs obstacles rendent une collaboration efficace difficile. L’immaturité des infrastructures technologiques, les sanctions qui frappent la Russie, ainsi que les barrières linguistiques et culturelles compliquent sérieusement les choses. Il existe aussi des divergences dans les standards techniques entre les deux pays et la répartition des tâches poserait des problèmes d’organisation (coordination, intégration des sous‑systèmes, validation des essais), note 19FortyFive.
Les États‑Unis bénéficient de décennies d’expérience dans les technologies furtives et d’une innovation technologique continue, renforçant leur position dominante. Depuis les années 1990, le B-2 Spirit est en service, et un nouvel appareil, le B-21 Raider, est en développement pour inaugurer une nouvelle génération de bombardiers furtifs. Une industrie high‑tech bien intégrée, associée à un budget de défense d’environ 828 milliards d’euros, donne aux États‑Unis un net avantage. La BBC souligne aussi la maturité des chaînes d’approvisionnement américaines comme un atout important.








