Sept avions visés par des alertes à la bombe en Europe, des Eurofighter décollent en urgence

Sept vols commerciaux ont été visés par des alertes à la bombe le 3 novembre 2026, provoquant le déploiement d’avions de chasse, des déroutements et la fermeture temporaire d’un aéroport. De l’Italie à la Pologne, les armées européennes ont été mobilisées pour des menaces qui se sont toutes révélées infondées.

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Sept avions visés par des alertes à la bombe en Europe, des Eurofighter décollent en urgence © Armees.com

Deux Eurofighter italiens décollant en urgence, des Gripen hongrois escortant un avion de ligne et plusieurs aéroports déclenchant leurs protocoles de sécurité. Entre les 2 et 3 novembre 2026, les alertes à la bombe se sont multipliées dans le ciel européen. Au moins sept avions ont été concernés pendant la seule journée du mardi 3 novembre, selon les informations recoupées par Reuters et Associated Press.

Quatre vols Ryanair ont été visés : Manchester-Murcie, Lisbonne-Rome, Dublin-Rome et Dublin-Sofia. S’y ajoutent un appareil de la compagnie polonaise LOT reliant Londres-Heathrow à Varsovie, un vol SAS parti de Copenhague pour la capitale polonaise et un Wizz Air entre Bergame et Sofia.

Les conséquences ont été différentes selon les appareils. Le Boeing 737 MAX de LOT a été dérouté vers l’aéroport de Varsovie-Modlin, temporairement fermé pendant les inspections. À Varsovie-Chopin, l’arrivée du vol SAS a entraîné la fermeture provisoire d’une piste. En Espagne, les 121 occupants du Ryanair arrivé de Manchester ont été soumis à des vérifications à Murcie.

Tous les avions ont finalement atterri en sécurité. Aucun explosif n’a été découvert.

Deux Eurofighter décollent de Grosseto pour escorter un Ryanair

L’intervention la plus spectaculaire du 3 novembre s’est déroulée dans le ciel italien. Une alerte anonyme, transmise par courrier électronique à l’exploitant des aéroports de Rome, signalait des engins explosifs sur deux avions Ryanair en provenance de Lisbonne et de Dublin.

L’Aeronautica Militare a immédiatement activé son dispositif de défense aérienne. Deux Eurofighter Typhoon du 4e Stormo ont décollé de la base militaire de Grosseto, en Toscane, pour intercepter et escorter le vol provenant de Dublin.

L’appareil civil a été accompagné jusqu’à l’aéroport de Rome-Fiumicino, où il a atterri vers 10 h 44. Le premier Ryanair, en provenance de Lisbonne, s’était posé environ une heure auparavant.

Les équipes de déminage ont inspecté les avions, les bagages et les passagers. Les opérations se sont achevées sans découverte d’explosifs. L’agence italienne ANSA, citant l’armée de l’air, précise que les deux chasseurs avaient été engagés spécifiquement pour le vol venant de Dublin.

L’Italie avait déjà utilisé ce type de réponse en février 2025, lorsqu’un Boeing 787 d’American Airlines avait été escorté par des chasseurs après une menace similaire.

En Hongrie, des Gripen mobilisés dès le 2 novembre

La série d’incidents avait commencé la veille. Le lundi 2 novembre, un avion Wizz Air parti de Londres-Luton à destination de Sofia a reçu une alerte à la bombe pendant son trajet. L’équipage a été contraint de modifier sa destination pour rejoindre Budapest.

Selon les autorités hongroises, un chasseur Gripen a été mobilisé rapidement pour accompagner l’avion jusqu’à l’aéroport international Ferenc-Liszt. Le dispositif de défense aérienne avait été activé.

Après l’atterrissage, les autorités hongroises ont inspecté l’appareil et ses occupants. La menace s’est révélée infondée. Une enquête a été ouverte pour rechercher l’origine de l’alerte.

Ces interventions illustrent le rôle des chasseurs d’alerte dans la protection de l’espace aérien européen. Selon l’OTAN, des moyens militaires sont maintenus en disponibilité permanente pour répondre rapidement aux incidents aériens, y compris pour assister des appareils civils en difficulté.

Le décollage de chasseurs ne signifie pas nécessairement qu’un appareil civil présente un comportement hostile. Il peut aussi répondre à une menace visant les passagers ou à une situation nécessitant une surveillance renforcée jusqu’à l’atterrissage. La coopération entre pays est régulièrement testée, notamment lors des exercices franco-italiens APEX de défense aérienne.

Un précédent avait déjà mobilisé l’armée de l’air bulgare le 18 octobre 2026. Un avion d’Austrian Airlines reliant Tel-Aviv à Vienne avait été dérouté vers Sofia après une menace à la bombe. Un chasseur bulgare avait escorté l’appareil. Les contrôles n’avaient révélé aucun danger. Aucun lien n’est établi entre cet épisode et les alertes de novembre.

Une vague de menaces dont les auteurs restent inconnus

Le bilan pourrait dépasser les sept vols précisément identifiés le 3 novembre. La police britannique a également indiqué avoir reçu des menaces concernant quatre appareils devant décoller ou atterrir à Heathrow, ainsi qu’un vol à Manchester. Faute d’identification de tous ces appareils, il reste impossible de déterminer combien de signalements se recoupent.

En Bulgarie, les menaces concernant les avions arrivant de Bergame et de Dublin auraient été transmises par courrier électronique au ministère de l’Intérieur. En Italie, la police aéroportuaire et les spécialistes de la cybercriminalité recherchent l’auteur du message anonyme envoyé à Rome.

La même journée, une menace à la bombe a également visé le navire de croisière Crown Iris au large de l’île grecque de Syros. Le bâtiment, qui devait rejoindre Israël avec 940 passagers et 597 membres d’équipage selon les informations initiales, a fait l’objet de contrôles et de mesures préventives.

La multiplication de ces incidents alimente les interrogations sur une éventuelle opération coordonnée. Des spécialistes de la sécurité aérienne évoquent plusieurs possibilités : un auteur unique, des menaces lancées par imitation ou une opération de déstabilisation relevant de méthodes dites de guerre hybride. Il s’agit toutefois d’hypothèses, non de conclusions d’enquête.

Aucune autorité n’a publiquement attribué l’ensemble de ces alertes à un État, à une organisation terroriste ou à un groupe identifié. Les enquêteurs italiens n’avaient pas non plus établi de lien entre les messages visant Rome et les autres incidents européens.

Les menaces ont pourtant eu des conséquences concrètes : mobilisation d’avions de combat, interruption temporaire du trafic aérien, interventions d’artificiers et inspections de centaines de passagers. Au 4 novembre 2026, les recherches menées sur les appareils concernés n’avaient permis de découvrir aucun explosif. Les investigations se poursuivent pour identifier les auteurs des signalements.

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