Un chasseur russe Su-57, le modèle multirôle le plus récent de Russie, a explosé le 29 octobre 2026 sur la base aérienne militaire d’Akhtoubinsk, dans la région d’Astrakhan, affirme le renseignement militaire ukrainien (HUR). Selon cette agence, l’incident s’est produit alors que les moteurs de l’appareil démarraient. L’annonce a été faite lundi. Newsweek indique avoir sollicité le ministère russe de la Défense par courriel, sans obtenir de réponse rapportée.
Si elle se confirme, cette explosion représenterait un nouveau coup dur pour l’avion furtif le plus sophistiqué de Moscou, estimé à environ 150 millions de dollars selon les évaluations ukrainiennes.
Une piste du côté du carburant
Le HUR avance que les moteurs équipant le Su-57, des turbofans AL-41F1, peuvent « exploser ou subir une destruction catastrophique » lorsqu’ils sont alimentés avec du carburant aviation de mauvaise qualité. L’agence ukrainienne ne relie toutefois pas directement cette hypothèse à l’explosion revendiquée à Akhtoubinsk.
Des responsables ukrainiens affirment que la Russie s’appuie davantage sur des importations de carburant aviation depuis que les drones ukrainiens frappent ses raffineries de pétrole, et ce malgré les pressions du président américain Donald Trump sur Kiev pour que ces attaques cessent.
Dans le circuit d’approvisionnement des Su-57, la société LLC RN-Aero fournit du carburant à PJSC United Aircraft Corporation, l’entreprise chargée du contrat d’État pour la production de ces chasseurs. United Aircraft Corporation est sous sanctions américaines, canadiennes, suisses, européennes, britanniques, australiennes, néo-zélandaises, japonaises et ukrainiennes.
Une liste d’incidents qui s’allonge
Le Su-57, surnommé Felon par l’OTAN, est un avion supersonique bimoteur que Moscou présente comme son appareil le plus avancé, un chasseur de cinquième génération comparable aux F-35 et F-22 américains. De nombreux experts occidentaux de l’aviation doutent pourtant qu’il soit suffisamment furtif pour appartenir à cette catégorie.
Selon l’International Institute for Strategic Studies, la Russie disposait d’environ 21 Su-57 opérationnels début 2026, un nombre resté limité par un rythme de production freiné par les besoins de la guerre en Ukraine.
Les analystes jugent rapidement les performances de l’appareil décevantes depuis le début de l’invasion à grande échelle, en février 2022, et estiment que la Russie répugne à risquer sa poignée de Su-57 au-dessus de Kiev. L’appareil a surtout mené des frappes à longue portée, hors de portée des défenses antiaériennes ukrainiennes.
Selon des médias ukrainiens, la Russie utilise aussi ses Su-57 pour tirer des missiles air-air contre des drones visant ses infrastructures, mobilisant ainsi son avion le plus avancé contre des engins qui ne valent parfois que quelques dizaines de milliers de dollars.
Les autorités ukrainiennes affirment que deux Su-57 ont été endommagés par des drones en mai 2026. En juillet, des médias russes ont rapporté qu’un autre appareil s’était écrasé près de Moscou lors d’un vol d’entraînement de routine ; le ministère russe de la Défense avait alors évoqué un avion d’entraînement sans préciser le type, ajoutant que le pilote s’était éjecté sain et sauf.
En septembre 2026, l’armée de l’air russe a reçu plusieurs Su-57 biplaces améliorés, présentés par le ministère comme dotés d’une nouvelle conception technique, sans détail supplémentaire.
La Russie renforce par ailleurs la protection de ses sites clés de l’aviation militaire face aux frappes ukrainiennes à longue portée. Des travaux de construction de grande ampleur sont en cours à l’usine aéronautique de Komsomolsk-sur-l’Amour, où sont fabriqués les Su-57 et les Su-35, ainsi qu’à la base aérienne voisine de Dzyomgi.








