Après un exploit à -25°C sur la banquise du Groenland, cet Airbus A400M de l’armée française atterrit à Perpignan

Sans ski ni piste aménagée, un A400M français s’est posé par -25°C sur la banquise groenlandaise. Un exploit inédit que l’appareil vient tout juste rejouer… à Perpignan. Pourquoi cette escale ?

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Après un exploit à -25°C sur la banquise du Groenland, cet Airbus A400M de l'armée française atterrit à Perpignan
Après un exploit à -25°C sur la banquise du Groenland, cet Airbus A400M de l’armée française atterrit à Perpignan © Armees.com

Dans le fjord de Kap Harald Moltke, tout au nord du Groenland, le thermomètre affichait environ -25 °C quand l’appareil a touché le sol. Pas de piste aménagée sur cette banquise isolée de l’Arctique : seulement de la glace et de la neige tassées, sur une étendue de moins de 1 400 mètres. C’est là qu’en février 2026, un Airbus A400M Atlas de l’armée française a réalisé un atterrissage inédit pour ce type d’appareil.

Cet avion-là porte l’immatriculation F-RBAN. Et il est réapparu bien loin du cercle polaire ce mercredi 28 octobre 2026, posé sur le tarmac de l’aéroport de Perpignan, confirme actu.fr. Les raisons de sa présence n’ont pas été précisées. Perpignan accueille de plus en plus souvent des avions militaires de passage, après le survol d’un A400M belge engagé dans un exercice mené depuis l’aéroport de Tarbes, repéré notamment le 22 octobre.

Un atterrissage sans skis, contrairement aux Américains

L’exploit groenlandais, lui, a été conduit par le Centre d’expertise aérienne militaire, Air Warfare Center (CEAM-AWC), en coopération avec le 25e régiment du génie de l’air. L’opération s’est déroulée durant les exercices Tunupex et Uppick 2026, et c’est l’équipe de marque avions de transport tactique qui a exécuté la manœuvre.

Le ministère des Armées a détaillé le terrain sur son site internet : une piste naturelle formée de glace et de neige, « mesurait moins de 1 400 mètres de long et était située à seulement 150 mètres du rivage ».

Détail qui distingue l’A400M de son équivalent américain : l’appareil a atterri directement sur son train d’atterrissage classique, sans aucun ski. Les États-Unis utilisent de leur côté le Lockheed LC-130H Skibird, équipé de skis montés sur son train. Le lieutenant-colonel Eric, qui avait suivi les premières approches de cette expérimentation dès 2025, avait expliqué que l’A400M pouvait « rejoindre ce genre de contrée sans modification préliminaire ».

Onze opérateurs commandos montagne, engagés dans l’exercice Uppick, ont embarqué à bord avec sept motoneiges et des traîneaux. Avant eux, des spécialistes des terrains sommaires du 25e régiment du génie de l’air avaient reconnu le secteur plusieurs semaines auparavant, épaulés par leurs homologues danois.

Cette reconnaissance, menée à 250 kilomètres de la base de Station Nord, a nécessité deux jours entiers de progression en motoneige. Un expert du Groupement militaire de haute montagne avait rejoint l’équipe pour sécuriser les déplacements et évaluer le terrain dans ces conditions extrêmes.

Le ministère des Armées, qui a relaté l’opération le 30 mars 2026, y voit la confirmation que l’A400M Atlas peut opérer « sur terrains sommaires, enneigés ou glacés, dans des environnements particulièrement contraints ». Ces essais nourrissent le concept FRA-ACE, qui vise à projeter rapidement des forces en autonomie et avec une faible empreinte logistique.

Airbus revendique pour son appareil, mis en service depuis 2013, la capacité d’atterrir sur des pistes tactiques courtes et non pavées, là où d’autres avions de transport lourds ne peuvent pas se poser. L’armée de l’air française l’avait déjà expérimenté en Afrique et dans le Pacifique.

Cette démonstration intervient à l’heure où le Groenland attire l’attention de plusieurs grandes puissances. L’armée de l’air et de l’espace y voit des perspectives nouvelles pour la mobilité aérienne militaire dans les régions polaires. Le F-RBAN, lui, poursuit sa route et continue d’apparaître ponctuellement sur les pistes françaises, loin des fjords glacés.

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