Pilotes de chasse : trois sociétés privées retenues pour les entraîner

L’armée de l’Air et de l’Espace a confié à un groupement associant SDTS, Babcock France et Top Aces ses missions d’entraînement aérien REDAIR. Ces prestataires joueront les adversaires face aux équipages de Rafale et de Mirage 2000, afin de multiplier les situations de combat simulées sans mobiliser autant d’avions de chasse français.

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Pilotes de chasse : trois sociétés privées retenues pour les entraîner © Armees.com

L’armée de l’Air et de l’Espace a retenu trois sociétés pour fournir une partie des avions qui serviront d’adversaires à ses pilotes de combat. Le marché REDAIR a été notifié au groupement associant SDTS, Babcock France et Top Aces, selon des informations publiées le 29 octobre par Ouest-France et reprises par le Groupement des industries françaises aéronautiques et spatiales (GIFAS). Cette externalisation doit permettre d’entraîner les équipages de Rafale et de Mirage 2000 dans des scénarios de confrontation aérienne.

Le dispositif vise aussi la préparation des contrôleurs aériens avancés, qui coordonnent les appuis depuis le sol. La synthèse de presse du GIFAS du 30 octobre précise que SDTS est mandataire du groupement, avec Babcock France et le canadien Top Aces en soutien.

Des avions jouant le rôle de l’adversaire

Dans le vocabulaire de l’entraînement aérien, le « Red Air » désigne les moyens qui reproduisent les tactiques d’une force opposée. Face à eux, les pilotes militaires s’exercent à détecter, identifier et intercepter des aéronefs, à manœuvrer ensemble et à prendre des décisions rapides dans un environnement dégradé.

Recourir à des avions spécialisés permet d’organiser ces missions sans affecter systématiquement d’autres Rafale ou Mirage 2000 au rôle de plastron. Les appareils de combat de l’armée peuvent alors consacrer davantage de leurs heures de vol aux objectifs opérationnels de l’entraînement. La disponibilité des avions de chasse et le maintien des compétences constituent les deux principaux enjeux de ce type de prestation.

Selon Ouest-France, les sociétés sélectionnées mettront notamment en œuvre des MB-339, des A-4N, des Alpha Jet et des L-39. La presse spécialisée évoquait, lors de la préparation du marché, un besoin de l’ordre de 3 000 heures de vol annuelles pendant au moins six ans. Ce volume initialement envisagé ne vaut pas confirmation des heures effectivement commandées à ce stade.

Un marché disputé et une procédure longue

L’attribution intervient au terme d’une procédure engagée plusieurs années auparavant. Un concurrent, PROCOR, avait contesté les conditions de la sélection devant le juge administratif. Une ordonnance du tribunal administratif de Versailles du 28 septembre 2026 confirme l’existence de ce contentieux relatif au marché de plastrons aériens et le rejet du recours en référé.

Le marché concerne l’entraînement au combat des forces aériennes, mais également des besoins de la Marine nationale et de l’armée de Terre. Les prestations annoncées seront réparties entre plusieurs implantations militaires en France. Le dispositif doit permettre de proposer des profils d’adversaires variés et de coordonner les exercices aériens avec les unités au sol.

SDTS et Babcock disposent déjà d’une expérience de l’entraînement militaire

SDTS, qui pilote le groupement retenu, n’arrive pas sur un marché entièrement nouveau. L’entreprise indique sur son site officiel avoir conduit plus de 900 missions d’entraînement depuis 2015, dont des exercices de type Red Air et de préparation des contrôleurs de défense aérienne des marines. Elle met en avant une flotte de huit avions en propre.

Babcock est également présente dans la formation aéronautique militaire française. Le groupe avait annoncé en janvier 2025 un contrat de 17 ans portant sur des avions et simulateurs de formation pour les futurs pilotes de l’armée de l’Air et de l’Espace et de la Marine. Ce programme de formation initiale est distinct du marché REDAIR, consacré aux exercices opérationnels avec des adversaires simulés.

L’arrivée de Top Aces apporte au groupement une expérience supplémentaire des missions de simulation de menaces aériennes. Pour les forces françaises, l’enjeu sera désormais de traduire l’attribution du marché en séances de vol suffisamment variées, sûres et exigeantes pour préparer les équipages aux engagements de haute intensité.

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