Guerre au Moyen-Orient, après lui avoir livré des Shahed, l’Iran a réclamé à la Russie des drones Geran-4 et Geran-5 améliorés pour les utiliser contre les États-Unis

L’Iran réclame à la Russie ses drones les plus redoutables, quatre fois plus puissants et deux fois plus rapides. Un basculement stratégique qui inquiète déjà l’Ukraine, seuls 60 % de ces engins sont interceptés.

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Guerre au Moyen-Orient, après lui avoir livré des Shahed, l’Iran a réclamé à la Russie des drones Geran-4 et Geran-5 améliorés pour les utiliser contre les États-Unis
Source : Forces Armées Russes | Armees.com

Selon une enquête du Financial Times publiée le dimanche 13 septembre 2026, l’Iran a demandé en 2026 à la Russie sa dernière génération de drones Geran, plus rapides et mieux équipés que les Shahed d’origine, pour frapper Israël et les États-Unis. L’information s’appuie sur des responsables occidentaux de la sécurité et une source proche du Kremlin, dans le cadre du conflit israélo-américain contre l’Iran survenu cette même année.

Le renversement de situation est frappant. C’est l’Iran qui, en 2022, a livré à la Russie ses premiers drones Shahed-136. Un accord de licence avait ensuite conduit à leur fabrication sur le sol russe, à Ielabouga, en Tatarstan, sous le nom de Geran. C’est désormais Téhéran qui sollicite Moscou pour récupérer la version perfectionnée de son propre modèle.

L’écart technique entre les deux générations est net. Le Geran-1 d’origine emportait 20 kg d’explosifs à 185 km/h. Le Geran-5, version à réaction testée depuis janvier 2026, transporte jusqu’à 90 kg d’explosifs, atteint 600 km/h et dispose d’une portée de 1 000 kilomètres.

Vitesse doublée, charge explosive quadruplée : le Jerusalem Post rappelle que la requête iranienne suit des améliorations substantielles apportées à toute la famille Geran, et évoque un possible déploiement du Geran-5 depuis des avions Sukhoï-25, que l’Iran a achetés à la Russie en 2025.

Un défi pour les défenses antiaériennes

L’appareil embarque désormais des caméras thermiques, un guidage assisté par intelligence artificielle, des antennes russes anti-brouillage et des modems chinois pour la connexion en réseau, selon le média hromadske. Moscou y a ajouté ses propres technologies, dont le système Kometa-M.

Ces évolutions se traduisent concrètement sur le champ de bataille ukrainien. Le colonel Yuriy Ihnat, porte-parole des forces aériennes ukrainiennes, indique que l’Ukraine n’intercepte qu’environ 60 % des Shahed à réaction, contre 90 à 95 % pour les modèles classiques.

Trop rapides pour les systèmes de défense mobiles habituels, ces drones nécessitent des missiles sol-air ou des avions de chasse pour être neutralisés. Le Financial Times note que les responsables ukrainiens ont été surpris par cette production massive de drones à réaction, alors qu’ils s’attendaient à des modèles plus petits.

Les soupçons d’une coopération militaire poussée entre Moscou et Téhéran ne datent pas de cette enquête. En mars 2026, sur CNN, Volodymyr Zelensky avait affirmé, dans un entretien accordé au journaliste Fareed Zakaria, qu’il était établi que l’Iran avait utilisé des Shahed de fabrication russe contre des bases américaines. Il avait qualifié cette information de « 100 % de faits », évoquant aussi un possible partage de renseignements russes avec Téhéran.

D’après The Independent, les premières discussions entre hauts responsables iraniens et russes sur la livraison de matériel, drones, médicaments et denrées alimentaires, auraient débuté quelques jours seulement après le début de la campagne de frappes américano-israélienne contre l’Iran, fin février 2026. Les livraisons russes auraient commencé début mars, avec une échéance fixée au mois suivant selon des sources occidentales du renseignement citées par le journal.

À ce stade, aucun élément public ne permet cependant d’affirmer que Moscou a donné suite à la demande iranienne, ni que des Geran-4 ou Geran-5 ont effectivement été livrés à Téhéran.

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