Pilote américain crashé en Iran pendant la guerre, il relate ses 50 heures de traque et de survie

Colonne vertébrale brisée, aucune eau, des hommes armés à quelques mètres. Pendant 50 heures, ce pilote américain a survécu seul dans les montagnes iraniennes. Son témoignage, glaçant, révèle enfin les coulisses d’un sauvetage hors normes.

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Pilote américain crashé en Iran pendant la guerre, il relate ses 50 heures de traque et de survie
Pilote américain crashé en Iran pendant la guerre, il relate ses 50 heures de traque et de survie © Armees.com

Un officier de l’US Air Force, surnommé « Dude 44 Bravo » pour préserver son anonymat, a témoigné pour la première fois dimanche 13 septembre 2026 dans l’émission américaine « 60 Minutes », diffusée sur CBS, du crash de son F-15 en territoire iranien. Il y raconte comment il a survécu seul, blessé, pendant près de 50 heures avant d’être secouru par les forces américaines.

Un impact comparé à un train de marchandises

L’homme, responsable des systèmes d’armes à bord d’un F-15E Strike Eagle, effectuait une mission avec son pilote, indicatif « Alpha », le 2 avril 2026, en pleine guerre entre les États-Unis et l’Iran. Leur appareil est touché par un missile sol-air iranien. Le choc, il s’en souvient comme s’il avait été « percuté par un train de marchandises », a-t-il raconté à CBS.

L’avion devenu incontrôlable, c’est Alpha qui déclenche l’éjection des deux hommes, un réflexe qui leur a probablement sauvé la vie. Mais le parachute de Bravo a été endommagé lors de l’attaque et ne se déploie pas correctement. « À un moment donné, lorsque j’ai levé les yeux et que je n’ai vu aucun parachute, ça a été la chose la plus terrifiante que j’aie jamais vue », a-t-il confié.

Il chute alors à une vitesse qu’il estime entre 110 et 160 km/h. « Je ne me concentrais pas sur la vitesse à laquelle je tombais », a-t-il assuré. Il survit mais avec la colonne vertébrale brisée, un bras cassé, une épaule fracturée, une cheville foulée, et de nombreuses blessures au visage et à la tête. Alpha, lui, atterrit environ 8 kilomètres plus loin, sans blessures comparables.

Seul, blessé, en territoire hostile

Le crash a eu lieu dans la province de Kohgiluyeh et Boyer-Ahmad, dans le sud-ouest de l’Iran, près de la frontière avec l’Irak. Le gouvernement iranien avait entre-temps promis une récompense pour la capture des deux aviateurs. Malgré ses fractures, Bravo sait qu’il doit s’éloigner de son point de chute. « On est entraîné pour s’adapter et surmonter les difficultés », a-t-il expliqué à CBS News.

Il tiendra 50 heures sans eau ni nourriture, dans un paysage de hautes vallées désertiques et de falaises escarpées qu’il compare à certaines régions d’Alaska. Il gravit une crête culminant à 2 134 mètres et se cache dans une crevasse des montagnes du Zagros, tandis que des hommes armés s’approchent, selon des sources militaires citées par CBS, à quelques centaines de mètres seulement de sa position.

À la nuit tombée, il parvient enfin à transmettre un bref message radio : « Dieu est bon ».

À Washington, le secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth, est tiré du sommeil pour être informé du crash. Sa décision tombe immédiatement : « Qu’ils soient vivants ou non, nous allons aller les chercher. »

Une première opération de sauvetage permet de récupérer Alpha, mais échoue à localiser Bravo. Pour ne pas alerter les forces iraniennes, les responsables américains choisissent alors de reporter l’intervention de 24 heures, une décision que Hegseth a lui-même qualifiée de difficile, sachant l’officier blessé condamné à passer une journée supplémentaire sur le terrain.

Le lendemain, une nouvelle mission est lancée, mobilisant des dizaines d’aéronefs, dont des drones MQ-9 Reaper et deux avions, appuyés par des bombardiers chargés de couvrir l’extraction. De petits hélicoptères Little Bird sont envoyés vers la crête où se terre l’officier. Au total, 92 militaires sont engagés sur le terrain en Iran, tandis que plusieurs milliers de personnes participent à l’opération depuis les États-Unis. Bravo est finalement récupéré au lever du jour.

Une fois en sécurité, l’officier décrit l’apparition de ses sauveteurs comme « l’un des plus beaux moments » de sa vie. Il parle, le 13 septembre 2026, de son sauvetage comme d’un miracle des temps modernes, fruit selon lui « d’un travail d’équipe, d’un entraînement, d’une foi, de décisions et d’un leadership qui ont permis d’accomplir quelque chose qui restera dans l’histoire comme un exemple de ce que l’Amérique est prête à faire pour tenir sa promesse et ne laisser personne derrière ».

Il a pu appeler son épouse aux États-Unis pour lui annoncer qu’il était vivant. Envers Alpha, dont le geste d’éjection lui a sauvé la vie, il garde une dette qu’il dit inextinguible : « Je lui serai reconnaissant jusqu’à mon dernier jour de nous avoir sauvé la vie. »

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