« La marine ukrainienne, en coopération avec la Direction principale du renseignement, a mené avec succès une opération en mer Noire et a coulé une embarcation de surface russe sans équipage. Il s’agit du premier combat naval de l’histoire entre des embarcations de surface sans équipage. » L’annonce a été publiée sur Instagram par la marine ukrainienne le 12 septembre 2026 et relayée par Opex360.
L’affrontement a opposé un drone de surface ukrainien, le Sargan 3000, à un navire russe sans équipage dont le modèle n’a pas été précisé. Selon la marine, ce sont d’abord les unités de la GUR, la Direction principale du renseignement militaire, qui ont repéré la cible avant que le Sargan 3000 n’intervienne.
Équipé d’une tourelle télécommandée Protector, le drone ukrainien a engagé le navire russe à une distance initiale d’un kilomètre, visant d’abord ses antennes de communication pour couper tout contrôle à distance. L’appareil russe a tenté de fuir sous les tirs avant de couler, l’eau envahissant progressivement sa coque.
Une vidéo de 81 secondes, diffusée à l’appui de la revendication, montre le drone ukrainien s’approcher de sa cible ainsi que les dégâts causés par les tirs. Des prises de vue aériennes qu’elle contient laissent penser que le Sargan 3000 n’était pas seul engagé dans ce combat. La date exacte de l’affrontement n’a pas été précisée, seule celle de l’annonce l’étant.
Ukraine's Navy says a Sargan unmanned surface vessel destroyed a Russian unmanned boat with machine-gun fire in the Black Sea, the first-ever battle between unmanned surface vessels. Ukrainian Navy personnel operated in coordination with HUR. #Ukraine pic.twitter.com/Avg4ecz8m6
— NOELREPORTS 🇪🇺 🇺🇦 (@NOELreports) September 12, 2026
Un engin dévoilé en avril 2026
Le Sargan 3000 a été dévoilé en avril 2026 et acquis par Kiev dès avril 2026. Il est propulsé par un système hydrojet, vraisemblablement associé à un moteur diesel ou électrique, pour une charge utile de 450 kg. Sa vitesse se situe entre 40 et 55 nœuds.
Elle est aussi estimée entre 75 et 100 km/h. Son rayon d’action est estimé à environ 860 milles nautiques. Son autonomie est également estimée à quelque 1 600 km. Résilient au brouillage GPS grâce à un système de navigation inertielle et à des contre-mesures électroniques, il se décline en plusieurs versions : frappe, guerre électronique, défense aérienne et mouillage de mines.
Aucune de ces caractéristiques n’a été confirmée officiellement. Les seules données disponibles proviennent de sources ouvertes russes et de reportages qui en sont dérivés.
En juillet 2026 déjà, un Sargan 3000 avait détruit l’Izoumroud, un patrouilleur de la garde côtière russe relevant du FSB. Jusque-là, la marine ukrainienne et la GUR employaient leurs drones de surface pour attaquer des navires russes conventionnels croisant en mer Noire et en mer d’Azov.
Une préférence croissante pour les combats entre drones
Le Kyiv Independent observe que les drones navals ne visent plus seulement des navires conventionnels : ils s’engagent désormais directement les uns contre les autres, une pratique que l’Ukraine et la Russie privilégient de plus en plus en mer, selon ce média.
Cette bascule vers l’automatisation touche déjà d’autres domaines du conflit. Des drones se sont livrés à des combats aériens et ont détruit des plateformes robotisées terrestres. Kiev affirme même qu’une de ces plateformes est parvenue à conquérir une position tenue par des soldats russes.
Côté russe, la flotte de drones navals comprend plusieurs modèles : l’Orcan, compact et rapide, le Vizir, présenté comme un chasseur de drones adverses capable d’atteindre 80 km/h sur l’eau, et le BEK-1000, plus polyvalent.








