Coût colossal pour Washington : 38 milliards de dollars
La guerre en Iran pèse lourdement sur les finances et les capacités des forces armées américaines. Selon une analyse du Bureau du Congrès pour le budget (CBO) publiée le 15 septembre, le conflit, démarré le 28 février, a déjà coûté 38 milliards de dollars aux contribuables américains, un chiffre en constante augmentation en raison des opérations dans le Golfe persique.
Le rapport du CBO, qui couvre jusqu’à début août 2026, met en lumière une situation budgétaire préoccupante. Même en cas de réduction des combats, la facture pourrait encore s’alourdir de deux milliards de dollars par mois. Si les hostilités s’intensifient, comme avec la reprise des frappes américaines le 1er septembre dans le détroit d’Ormuz, les dépenses pourraient atteindre trois milliards de dollars mensuels.
Le ministre de la Défense, Pete Hegseth, avait estimé le coût de la guerre à 37,5 milliards de dollars en juillet lors d’une audition au Congrès, en accord avec les conclusions du CBO. Hegseth a demandé une rallonge budgétaire de 67 milliards de dollars pour poursuivre les opérations, malgré une impopularité croissante du conflit aux États-Unis.
Remplacement des munitions : un coût exorbitant
Le coût du remplacement des munitions utilisées est un facteur majeur de cette explosion budgétaire. Le CBO évalue à 21,7 milliards de dollars les dépenses liées au réapprovisionnement en munitions, illustrant l’intensité des frappes américaines et la sophistication des armements employés.
Un rapport du Pentagone révèle que l’opération « Epic Fury » a coûté 33,4 milliards de dollars entre février et juin, dont 22,3 milliards pour les munitions. Selon le Wall Street Journal, 22 milliards supplémentaires seront nécessaires pour reconstituer les stocks, incluant sept milliards pour les missiles de croisière et 13 milliards pour les intercepteurs antimissile.
Épuisement des intercepteurs antimissiles
Le CBO alerte sur l’épuisement critique des stocks de missiles intercepteurs, essentiels pour la défense antimissile. Les États-Unis auraient utilisé entre la moitié et les deux tiers de leurs stocks depuis juin 2025, ce qui constitue une vulnérabilité stratégique majeure.
Le rapport souligne que ce déficit pourrait poser des problèmes sérieux en cas de conflit avec des nations comme la Chine ou la Russie. Le Pentagone a confirmé une « pénurie » de munitions et d’armes sophistiquées, ce qui pourrait prendre trois à cinq ans pour rétablir les stocks à leur niveau d’avant-guerre.
Pertes matérielles et infrastructures endommagées
Les dégâts matériels de la guerre en Iran dépassent largement la question des munitions. Le rapport du Pentagone détaille des pertes notables, dont quatre chasseurs F-15 détruits et des dommages considérables aux infrastructures militaires américaines au Moyen-Orient.
Les pertes en drones sont également significatives, avec jusqu’à 30 drones MQ-9 Reaper détruits, représentant près de 900 millions de dollars. Des centaines de bâtiments ont été endommagés ou détruits, notamment dans des bases au Koweït, Bahreïn, et en Arabie saoudite, coûtant 184 millions de dollars en réparations.
Perturbations énergétiques et inflation mondiale
La guerre en Iran a aussi des répercussions économiques, avec un impact inflationniste sur l’économie américaine. La perturbation de l’approvisionnement en pétrole due au blocage du détroit d’Ormuz a entraîné une hausse des prix de l’énergie.
Le CBO a revu à la hausse ses prévisions d’inflation, avec une augmentation de 0,5 point de pourcentage pour le premier trimestre 2027. Les coûts opérationnels militaires augmentent également avec la hausse des prix du carburant, aggravant l’impact financier de la guerre.
Évacuations et ventes d’armes : conséquences collatérales
Le département d’État américain a dépensé 113 millions de dollars pour des évacuations d’urgence et d’autres coûts liés au conflit. En parallèle, les ventes d’armes dans la région ont explosé, atteignant plus de 44 milliards de dollars.
Les pays comme l’Arabie saoudite, le Qatar et Israël ont signé des contrats d’armement substantiels, contribuant à la militarisation croissante de la région. Les ventes d’armes, bien qu’elles génèrent des revenus, illustrent une montée en puissance militaire dans un contexte déjà tendu.








