Depuis le 18 juillet 2026, l’armée ukrainienne multiplie les frappes coordonnées sur les infrastructures logistiques russes, marquant un tournant significatif dans le conflit. En réaction, Wildberries, le géant du e-commerce russe, a passé commande de 478 000 m² de grillage métallique galvanisé, soit l’équivalent de 67 terrains de football. Cette initiative survient après que 2,4 millions de m² d’entrepôts ont été détruits, représentant 43 % de la capacité totale de l’entreprise, illustrant l’impact croissant des drones dans la guerre économique.
Technologie invisible : les drones ukrainiens comme arme économique
Entre le 18 juillet et le 17 août 2026, au moins 22 sites de Wildberries ont été ciblés, selon United24Media. L’une des frappes les plus marquantes a eu lieu à Samara, détruisant un entrepôt de 160 000 m². Ces attaques ne se limitent pas à Wildberries, mais s’inscrivent dans une stratégie visant également raffineries, centrales et dépôts de carburant. La systématisation des attaques montre une nouvelle capacité opérationnelle, les drones ukrainiens rendant l’arrière-pays russe vulnérable.
La perte de 43 % de capacité de stockage révèle une faille majeure. Wildberries, avec ses 6 000 milliards de roubles de ventes annuelles (74 milliards de dollars) et 100 000 points de retrait, est gravement affecté. Les attaques ont touché huit régions, prouvant que les drones ukrainiens peuvent pénétrer profondément sur le territoire russe. Les infrastructures civiles, sans protection, sont exposées, tandis que les systèmes de défense aérienne russes se concentrent sur les cibles militaires. Les forces ukrainiennes exploitent ces vulnérabilités.
Réponse défensive : le grillage métallique comme solution
Début août, Wildberries a lancé un appel d’offres pour du grillage galvanisé destiné à huit régions, coûtant entre 73,6 et 226,5 millions de roubles (1,80 à 5,60 dollars par m²). Une source industrielle citée par The Bell indique que « la clôture métallique est populaire pour son efficacité et l’absence de contraintes réglementaires ». Ces structures forment un rideau contre les drones. Les fabricants proposent des tours en treillis d’acier de 100 mètres de haut, capables d’absorber des impacts importants. Cette approche low-tech s’étend en Russie, des raffineries aux centrales électriques.
Le cahier des charges exige un diamètre de fil de 2,5 mm, avec une livraison en sept jours, soulignant l’urgence. Wildberries a aussi commandé du tissu de silice pour 14 sites comme barrière anti-incendie. L’absence de systèmes anti-drone électroniques, soit par indisponibilité, soit par coût, pousse à investir massivement dans le grillage métallique, un choix économique pour une protection passive face à une menace croissante.
Vers une nouvelle doctrine de protection des infrastructures critiques
L’efficacité du grillage métallique est discutée. Il peut intercepter des drones légers mais reste limité contre des attaques plus sophistiquées. Les Ukrainiens adaptent leurs tactiques avec des attaques coordonnées et explosives. Bien que le grillage ralentisse les attaques, il ne les neutralise pas complètement. Toutefois, réduire les impacts de 30 à 40 % est un gain stratégique. La généralisation de cette méthode reflète un consensus : en l’absence d’alternatives, c’est un premier rempart acceptable. La pénurie de systèmes sophistiqués pour les infrastructures civiles explique ce choix.
Outre les millions investis par Wildberries, les coûts indirects augmentent : reconstruction, logistique ralentie, primes d’assurance et redondance de stockage. Chaque entreprise doit maintenant inclure un budget de défense anti-drones. Tandis que l’Ukraine améliore ses drones, la Russie est poussée à envisager des protections actives, comme des brouilleurs ou des lasers, pour compléter les barrières passives. Le conflit devient un véritable laboratoire pour l’utilisation des drones contre les infrastructures civiles, préfigurant des conflits futurs où la frontière entre cibles militaires et économiques s’efface.
La commande de grillage métallique par Wildberries marque une nouvelle étape stratégique, signalant que les infrastructures civiles russes se préparent à une guerre défensive. Reste à voir si cette adaptation suffira face à l’innovation offensive ukrainienne ou si Moscou devra investir dans des systèmes anti-drones de nouvelle génération pour protéger son économie.








