Le ministère des Armées ouvre une procédure disciplinaire contre des militaires photographiés avec un drapeau rhodésien

Deux clichés, un drapeau, une onde de choc. Des militaires français posent avec un symbole suprémaciste, le ministère des Armées lance une procédure disciplinaire. Sanctions sévères en vue.

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Le ministère des Armées ouvre une procédure disciplinaire contre des militaires photographiés avec un drapeau rhodésien
Le ministère des Armées ouvre une procédure disciplinaire contre des militaires photographiés avec un drapeau rhodésien © Armees.com

Le ministère des Armées a ouvert une procédure disciplinaire contre des militaires français photographiés en train de poser, en uniforme, avec un drapeau de l’ex-Rhodésie, symbole associé aux mouvances suprémacistes blanches. L’annonce a été faite le lundi 24 août 2026, confirmant une information révélée par le site d’investigation Mediapart.

Deux clichés distincts circulent sur les réseaux sociaux. Le premier montre six militaires du 2e régiment étranger d’infanterie, photographiés dans leur caserne de Nîmes. Le second réunit quatre soldats en entraînement aux Émirats arabes unis, posant devant un char Leclerc.

Selon le ministère, cité par l’AFP, « les vérifications conduites ont permis de confirmer et d’identifier les militaires concernés ». La procédure engagée pourrait déboucher sur « des sanctions disciplinaires sévères […] conformément au dispositif législatif et réglementaire applicable ».

Deux événements disjoints, selon le ministère

Le ministère précise qu’aucun lien n’unit les deux affaires. « Les premiers éléments de l’enquête permettent de confirmer que les deux événements sont parfaitement disjoints, sans aucun lien, ni entre les protagonistes, ni entre les activités », indique-t-il. Il rappelle aussi que « les militaires sont soumis à une exigence particulière d’exemplarité et de neutralité, qui s’applique également à leurs comportements et à leurs publications sur les réseaux sociaux ».

Sur le fond, la position affichée ne varie pas : « la position du ministère est sans ambiguïté : les armées françaises ne tolèrent aucune manifestation à caractère raciste, suprémaciste ou extrémiste ». Le ministère ne communiquera ni sur l’identité des militaires ni sur leur unité d’appartenance, hormis les précisions déjà apportées par Mediapart sur le régiment nîmois.

Le drapeau en question renvoie à un régime disparu depuis plusieurs décennies. La Rhodésie a été, entre 1965 et 1980, le nom porté par un pouvoir dirigé par la minorité blanche de l’ancienne colonie britannique de Rhodésie du Sud, qui avait proclamé son indépendance unilatéralement pour échapper à une transition vers le suffrage majoritaire.

Ce territoire n’a jamais été reconnu par la communauté internationale. Il a cessé d’exister avec l’accession du Zimbabwe à l’indépendance, en 1980.

Au fil des décennies, ce drapeau a été récupéré par des groupes et militants suprémacistes blancs, en particulier dans les pays anglo-saxons, où il nourrit une nostalgie de la domination coloniale. Selon Mediapart, les photographies des militaires français ont notamment été relayées par une page Instagram faisant l’apologie de l’ancienne colonie.

L’histoire de ce symbole croise déjà celle d’un crime raciste retentissant. Le tueur américain Dylann Roof, auteur de l’assassinat de neuf personnes afro-américaines dans une église de Caroline du Sud en 2015, revendiquait cette référence dans un manifeste intitulé « The Last Rhodesian ».

En France, le drapeau rhodésien a également été associé au militant Quentin Deranque, tué en février 2026 lors d’une rixe opposant militants d’extrême droite et antifascistes. Sur l’un de ses comptes anonymes sur le réseau social X, rapporté par Mediapart, il avait écrit : « Moi je soutiens Adolf mais chacun son truc, et évidemment free Rhodesia. »

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