Les combats entre les États-Unis et l’Iran sont entrés jeudi dans leur cinquième journée consécutive. Dans la nuit du 15 au 16 juillet, des explosions ont retenti à Bandar Abbas, Ahvaz et Chabahar, tandis que les défenses aériennes de Téhéran se sont activées avant l’aube. Washington affirme frapper pour protéger les navires qui empruntent le détroit d’Ormuz.
Une deuxième vague de frappes vise les côtes iraniennes
L’armée américaine a achevé mercredi une deuxième vague de frappes destinée, selon elle, à réduire la capacité de l’Iran à menacer le trafic maritime dans le détroit. Le Commandement central américain (CENTCOM) a annoncé sur X avoir visé des « centres de commandement iraniens, des sites de défense aérienne, des capacités de missiles et drones, et des installations de surveillance côtière », précisant que des munitions de précision avaient touché plusieurs sites dont Bandar Abbas.
Une frappe de 90 minutes avait ciblé plus tôt dans la journée l’île de Greater Tunb, petite île du Golfe Persique administrée par l’Iran mais revendiquée par les Émirats arabes unis. Des chercheurs de l’université Sun Yat-sen à Zhuhai la décrivent, avec six autres îles dont Hengam et Qeshm, comme faisant partie d’une « défense en arc » que des responsables iraniens qualifient eux-mêmes de « porte-avions immobiles et insubmersibles ».
Une troisième salve a débuté à 15 heures, sans que CENTCOM précise cette fois de zone. Selon des sources ayant parlé à CNN, le président Donald Trump envisage d’élargir l’opération militaire.
At 3 p.m. ET today, U.S. Central Command forces began launching an additional round of strikes against Iran to continue degrading Iranian capabilities used to attack commercial shipping in the Strait of Hormuz. The strikes are taking place as American forces prepare to resume the…
— U.S. Central Command (@CENTCOM) July 14, 2026
Dans la nuit, l’agence IRIB a rapporté des frappes sur l’aéroport de Semnam, à un peu plus de 160 kilomètres à l’est de Téhéran, tandis que deux projectiles ont touché un site près de Khondab, selon le vice-gouverneur de la province de Markazi cité par l’agence IRNA.
Des explosions ont aussi été entendues à Khorramabad. CNN indique ne pouvoir confirmer indépendamment ces informations ni en établir l’origine. À Téhéran, l’agence Fars News a fait état de systèmes de défense aérienne activés pour contrer des « avions de reconnaissance ennemis » ; un habitant a raconté à CNN avoir été réveillé vers 4 heures du matin par une forte explosion.
Un hôpital pour enfants cancéreux évacué à Ahvaz
Le ministère iranien de la Santé recense désormais plus de 260 blessés depuis le début des frappes américaines, dont au moins trois femmes et six enfants. Le porte-parole du ministère, Hossein Kermanpour, a précisé que « 222 des blessés ont été traités et sont sortis de l’hôpital ».
La porte-parole du gouvernement, Fatemeh Mohajerani, fait état de plus de 30 civils tués dans le sud du pays ces derniers jours ; l’armée iranienne évoque de son côté au moins sept militaires tués lors de frappes nocturnes visant une base dans le sud-est.
À Ahvaz, l’hôpital Shahid Baghaei, spécialisé dans le traitement des enfants atteints de cancer, a dû être évacué après qu’un projectile issu d’une frappe américaine s’est écrasé à proximité. Un membre du personnel, cité par l’IRIB, a décrit des patients sous oxygène et ventilateurs affectés par les ondes de choc : « Les vagues de l’explosion étaient très puissantes, et les fenêtres ont violemment tremblé. »
Le directeur de l’établissement a fait état de 211 patients relogés, selon l’agence IRNA. En représailles, Téhéran affirme avoir visé des infrastructures militaires américaines au Koweït, à Bahreïn et en Jordanie.
Un pétrolier désactivé près de l’île de Kharg
Le blocus naval américain des ports iraniens, réactivé mardi, a produit son premier incident notable. CENTCOM affirme avoir désactivé le M/T Belma, un pétrolier vide battant pavillon de Curaçao, alors qu’il naviguait vers l’île de Kharg, poumon économique de l’Iran.
Le navire aurait ignoré plusieurs avertissements avant qu’un aéronef américain ne tire des missiles Hellfire dans sa cheminée. En 24 heures, les forces américaines ont redirigé deux navires commerciaux jugés conformes et neutralisé ce seul bâtiment récalcitrant, bien loin des 142 redirections et 9 désactivations enregistrées lors du précédent blocus, levé mi-juin après un accord entre Washington et Téhéran.
Le trafic reste très ralenti dans le détroit d’Ormuz : selon les données MarineTraffic, 13 navires commerciaux y ont transité en 24 heures, contre environ 110 par jour avant la guerre. Le brouillage GPS complique par ailleurs la surveillance, faussant parfois les coordonnées des navires de plusieurs dizaines de kilomètres.
Vance plaide pour le dialogue, Téhéran ferme la porte
Le vice-président américain JD Vance a défendu la voie diplomatique dans un épisode du podcast « The Joe Rogan Experience » diffusé mercredi. « Je suis très frustré par les Américains et franchement par des gens dans d’autres pays qui disent qu’on ne peut pas négocier avec les Iraniens », a-t-il lancé, avant d’ajouter : « Vous pouvez les bombarder, leur retirer leurs radars, une partie de leurs drones et de leurs missiles, mais c’est trop facile de tirer sur des navires dans le détroit. Il faut vraiment être prêt à parler pour régler le problème. »
Vance a mené les négociations américaines sur le nucléaire iranien, aujourd’hui au point mort sur la question du détroit d’Ormuz. Trump a de son côté mis en doute l’utilité de poursuivre les discussions.








