Le constructeur aéronautique français Aura Aero lance les travaux préliminaires de conception d’un nouveau drone de combat collaboratif. Avec sa filiale militaire Aura M, l’entreprise se positionne sur un Collaborative Combat Aircraft (CCA) destiné à concurrencer les programmes internationaux les plus avancés.
Le pays cherche à combler son retard sur les drones de combat collaboratif, un domaine où les États-Unis, l’Australie, la Turquie et la Chine ont déjà pris de l’avance.
Qui est derrière le projet et quelles ambitions ?
Pour Jérémy Caussade, PDG d’Aura Aero, l’idée présentée au salon Eurosatory 2026 consiste à centraliser le système pour en tirer la meilleure efficacité. La filiale Aura M, dirigée par le général Stéphane Mille, vise un premier vol du démonstrateur en 2028.
Aura Aero pourra compter sur des industriels de premier plan. Safran et Rolls-Royce sont cités pour fournir des composants clés, dont le petit turboréacteur qui propulsera le drone.
Aura M mise sur un drone « furtif » d’une masse maximale au décollage (MTOW) inférieure à 5 tonnes, pour se placer entre les modèles haut de gamme de Dassault Aviation et des solutions plus abordables. Le projet répond à une demande d’informations de la Direction générale de l’armement (DGA), à laquelle l’industrie doit répondre avant le 21 août 2026.
La dynamique internationale et les enjeux
La France s’engage dans une compétition serrée sur le marché des drones de combat collaboratif. L’Allemagne avance avec les projets U760 Ravenstorm et U740 Valkyrie d’Airbus Defence & Space, et les Pays-Bas participent à un programme avec l’US Air Force, ce qui accentue la pression sur l’Hexagone.
Aux États-Unis, le Pentagone accélère : il a validé, avec quatre mois d’avance, la production des drones FQ-42 de General Atomics et FQ-44 d’Anduril.
Lors d’une audition parlementaire en avril dernier, Jérôme Bellanger, chef d’état-major de l’armée de l’Air & de l’Espace (CEMAAE), a déclaré : « Les CCA sont une petite révolution pour nous… ». L’objectif est d’intégrer rapidement ces technologies pour ne pas se laisser distancer.
Calendrier, partenaires et conséquences
Le drone MALE Enbata, issu d’un partenariat entre Thales et Aura Aéro, suit une autre trajectoire technologique française. Son vol inaugural est prévu fin 2026, pour des missions ISR (Intelligence, Surveillance et Reconnaissance) soutenues par le Ministère des Armées et la DGA.
Équipé notamment du radar AirMaster C de Thales, le projet doit entamer son intégration entre 2026 et 2027 pour répondre aux besoins stratégiques nationaux.
Marie Gayrel, de Thales, conclut dans La Tribune : « Avec ce partenariat, Thales démontre une nouvelle fois sa capacité à équiper des drones… ».








