Ces octogones géants repérés en plein désert chinois étaient passés inaperçus : ils cachent un vaste réseau de rampes de lancement nucléaires

Des images satellites révèlent un complexe militaire colossal dans le désert du Xinjiang, renforçant la posture nucléaire de la Chine.

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Ces octogones géants repérés en plein désert chinois étaient passés inaperçus : ils cachent un vaste réseau de rampes de lancement nucléaires
Source : Vantor/Reuters | Armees.com

Des images satellites analysées par l’agence de presse Reuters montrent la construction d’un complexe militaire massif dans le désert du Xinjiang. Ce développement a une portée importante au vu de la situation géopolitique actuelle, puisqu’il touche à la posture de dissuasion nucléaire de la Chine, notamment avec le missile balistique intercontinental DF-61.

L’ampleur et la sophistication des infrastructures observées montrent la détermination de Pékin à garantir la survivabilité de son arsenal nucléaire. Le complexe comprend des éléments variés : des silos nucléaires, plus de 80 rampes de lancement, ainsi que des installations pour la guerre électronique et les communications par satellite, renforcées par le réseau de satellites Guowang. Des nœuds de communication, des centres de commandement et des batteries de défense aérienne ont aussi été repérés, ce qui illustre la diversité et la complexité des capacités prévues.

Le renforcement stratégique dans le désert du Xinjiang

Situé dans un désert isolé de l’est du Xinjiang, le complexe couvre des milliers de kilomètres carrés, selon Alexander Neill, chercheur associé au Pacific Forum. Deux installations octogonales, construites au cours des six dernières années, se trouvent respectivement à environ 140 kilomètres et 230 kilomètres au sud‑ouest des sites nucléaires de Hami. Ces distances montrent la volonté d’éloigner ces nouvelles infrastructures des points de concentration nucléaire existants.

Le projet vise à s’assurer que, même en cas de frappes destinées à neutraliser la force de frappe chinoise, une partie de l’arsenal reste opérationnelle. Ce renforcement de la capacité de riposte correspond à la doctrine déclarée de « dissuasion nucléaire minimale mais crédible » promue par la Chine. La politique de « non‑recours initial » demeure également un pilier de sa stratégie nationale.

Tensions à l’international et questions stratégiques

La révélation de ce chantier a suscité des réactions variées : diplomates et analystes occidentaux s’inquiètent que la Chine puisse employer ces infrastructures pour exercer une coercition nucléaire, notamment en cas de conflit autour de Taïwan, tout comme la base militaire secrète en Corée du Nord. Plusieurs diplomates étrangers critiquent par ailleurs le manque de transparence de Pékin.

Cette expansion rapproche la Chine d’une intensification de sa rivalité nucléaire avec des pays comme les États‑Unis. D’après le Pentagone, la flotte nucléaire chinoise pourrait atteindre 1 000 têtes nucléaires d’ici 2030, ce qui inscrit Pékin dans une dynamique de course aux armements importante.

Réactions et communications officielles

Malgré les enjeux soulevés par ces développements, le ministère chinois de la Défense n’a pas répondu aux demandes de précision sur son programme nucléaire. Du côté américain, le Pentagone a également choisi de ne pas commenter. Parallèlement, des exercices militaires observés « ce mois‑ci » autour de l’octogone Nord et en avril témoignent d’une activité soutenue et d’une préparation opérationnelle au sein du complexe.

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